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samedi 31 janvier 2009

ACTION!

Voici un témoignage récent, qui est bien inquiétant.
Ce n'est pas tant l'attitude de cette adolescente, que notre incapacité à mettre en oeuvre une promotion de la santé auprès des jeunes scolarisés qui m'interpelle en tant que professionnelle de santé.

Certains Comités d'Education à la santé et la Citoyenneté sont efficaces et actifs dans les collèges et lycées mais , et ce témoignage le prouve, les actions menées, par exemple sur la sexualité restent sans écho auprès des jeunes. La plupart du temps, le message véhiculé est basé sur la notion de risque, et c'est principalement cela que cherchent les jeunes: le goût du risque. Pour se mesurer, tester leur limites, ou justement prouver leur absence de limites. Nous savons bien que la transgression est l'une des caractéristiques de l'adolescence. Alors si nous poursuivons avec des messages alarmistes et diabolisant, nous sommes à peu près certains de tomber à côté de l'objectif d'éducation, de prévention, de responsabilisation.
Nos messages devraient être les médiateurs de notion de plaisir, d'estime de soi, faire appel à la capacité d'actions valorisantes (et valorisées) des jeunes.

De plus l'éducation par les pairs est une notion qui devrait tendre à se développer. Je n'y vois que des avantages.
Situation souvent moins moraliste... J'en ai fait l'expérience en tant qu'infirmière scolaire. La proposition était la suivante:
Les 3emes avaient pour responsabilité de transmettre aux 4emes les messages reçus l'année précédente sur la sexualité. Ce système s'est révélé efficace sur deux points au moins: responsabilisation, réactualisation des connaissances. Sans compter que le vocabulaire utilisé pour cette transmission de connaissances était plus adapté! Pour tester l'efficacité de cette démarche, un quizz était proposé aux élèves de 4e, évalué par leurs aînés.

Cette expérience pourrait être transposable à d'autres actions: la nutrition, l'alcool, la toxicomanie.
Car on le sait la priorité pour les adolescents n'est pas la santé, et les impliquer directement dans des actions de prévention, comme acteurs ne peut à mon sens que les motiver.

Par ailleurs les spots réalisés par l'INPES, tel celui présenté à la fin de ce message, diffusés à la télévision (qui n'est plus du tout le média favori des jeunes) ne pourraient-ils être rendus accessibles dans les collèges et lycées par des bornes interactives? Et enfin donner aux adolescents les moyens d'auto-évaluer leurs connaissances en santé, et leur accorder le droit à l'erreur.


samedi 24 janvier 2009

Consultation = prescription = médicament

Je suis allée à la pharmacie aujourd'hui et il y avait une cliente qui refusait catégoriquement qu'on lui donne un médicament générique. Soit.

La semaine dernière le Ministre de la Santé Roselyne Bachelot inaugurait une nouvelle usine pharmaceutique installée en Ile-de-France, spécialisée dans la production de génériques, et qui emploiera à terme 40 personnes.
Encore quelques chiffres: En 2000, les génériques représentaient 5% des boîtes de médicaments vendues. Aujourd'hui, nous en sommes à un peu plus de 20%.

Il y a un an le Président de la Mutualité Française, Jean-Pierre Davant, défendait ouvertement l'usage des génériques et prescrivait le passage "d’une économie de produits à une économie de services". A l'époque le débat était réactivé par les spécialistes (cardiologues, neurologues), ayant émis des doutes notamment sur les études de bioéquivalence des génériques et les modalités de leurs études.

Mais aujourd'hui je ne suis pas intéressée par les chiffres ou les multiples débats entourant la vente et/ou l'usage de génériques. Seule la notion de service évoquée par Jean-Pierre Davant m'intéresse.

Et si notre pharmacien devenait autre chose qu'une machine à nous vendre des médicaments, fussent-ils génériques? Et si nous devenions autre chose que des clients? Et si, en plus de promouvoir l'usage de médicaments meilleur marché, nous réfléchissions une bonne fois pour toutes à la possibilité que les pharmaciens nous fournissent juste le nombre de comprimés nécessaires au traitement. Nos tiroirs sont pleins de boîtes de médicaments incomplètes, et parfois à peine entamées. Les américains, qui n'ont pas tout faux et qui n'ont pas notre système de santé, ont pensé depuis longtemps à ne donner au patient que la dose nécessaire à son traitement. Nécessité fait loi.
Le pharmacien offrirait un service en donnant vendant un flacon nominatif contenant juste la quantité de comprimés requise, et en fournissant les explications d'usage.
Suis-je la seule à penser qu'il y aurait là de nouvelles sources d'économie?

mercredi 21 janvier 2009

Quand la pédagogie se met au service de la santé

Depuis quelques années, dans les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maitres) se mettent en place des modules visant à développer les compétences des futurs professeurs à l'éducation pour la santé, et la prévention des conduites addictives.
Ces missions d'éducation et de prévention sont constitutives de l'Ecole. Pour autant, si certains enseignants sont, au quotidien, pleinement acteurs d'éducation à la santé et de prévention, d'autres ne voient pas en quoi ils peuvent y contribuer. Ils évoquent comme résistance à cette application un manque de compétences pour mettre en place des projets à l'échelle de l'établissement ou de leur classe, et pour travailler en partenariat avec des professionnels extérieurs à l'école.
La formation des enseignants représente donc un enjeu déterminant.
Etroitement liées, santé et éducation constituent le socle sur lequel s'appuie une dynamique de réussite pour tous les élèves. Ainsi en matière de santé, l'Ecole se trouve être au centre d'enjeux importants qui vont nécessiter le développement de nouvelles compétences pour tous les professionnels de l'Education nationale, les milieux associatifs, mais également des élèves eux-mêmes.

Outre sa mission première de transmission de connaissances, l'Ecole est appelée à contribuer à l'éducation de citoyens notamment dans le domaine de la santé. Elle s'est ainsi engagée dans des actions d'éducations et de promotion de la santé visant l'acquisition de connaissances et le développement de compétences, parmi lesquelles la capacité à faire des choix eclairés, l'accroissement de l'autonomie des élèves dans la prise en charge de leur propre santé, leur aptitude à agir en tant que citoyens dans l'espace de santé publique.

Au sein de l'éducation nationale, on entend par partenariat la collaboration entre la communauté éducative et des intervenants extérieurs.
Cependant, je m'interroge, et ne suis pas la seule: ces partenariats sont certes nécessaires, mais le décloisonnement entre les disciplines enseignées ne serait-il pas propice au développement de compétences transversales favorisant une lecture globale, bio-ppsycho-sociale de la santé?
Ainsi, le rôle de la médecine scolaire se verrait renforcé et plus efficace, ne se limitant pas à ce que l'on nomme de façon un peu péjorative la "bobologie".

C'est un changement de paradigme auquel fait appel cette formation des maîtres, une dynamique collective de travail.

Il me semble plus que jamais , en ces temps économiquement difficiles nécessaire de mettre l'accent sur la promotion de la santé afin de ne pas se poser la même question qu'Antoine Flahaut: "Soigner les malades ou garder les gens en bonne santé?", car nous savons tous qu'un système de soins curatif coûte beaucoup plus cher à la société qu'un système préventif.

dimanche 18 janvier 2009

Bouge de là!!!

Propos sur la sédentarité.

La sédentarité vient du latin "sedere" qui signifie être assis.
Cela ne correspond d'ailleurs pas à l'absence d'activité, mais à diverses occupations habituelles telles que : regarder la télévision, la lecture, l'utilisation d'un ordinateur, conduire une voiture etc...
Pourtant, l'activité physique répond à un besoin de notre organisme nécessaire à son bon fonctionnement et engendre un sentiment de bien être qui justifie le fameux "Mens sana in corpore sano".

Le mode de vie contemporain à fort développement technologique réduit considérablement l'effort physique dans la plupart de nos actes quotidiens, que ce soit dans nos activités professionnelles ou de loisirs. Outre le surpoids et ses conséquences, cela représente un véritable danger pour le système cardio-vasculaire. Le coeur est un muscle qui a besoin d'entrainement!

L'activité physique améliore la santé et le bien-être; réduit le stress; renforce le coeur et les poumons; augmente le niveau d'énergie; aide à atteindre et maintenir un poids santé; favorise une philosophie de vie positive.
Et pour moi, c'est bien là l'un des points les plus importants. Plutôt que de brandir le spectre de tous les risques encourus si nous n'adoptons pas une hygiène de vie spartiate, il s'agit de développer et redonner le goût de l'activité. De réveiller une vision positive, de liberté de choix qui elle-même engendre une estime de soi valorisante.
Loin de moi l'idée de prétendre que nous voyons les choses par le mauvais bout de la lorgnette, mais il est vrai que nous sombrons souvent dans les interdits ou le principe de précaution qui augmente la culpabilité de l'individu qui n'adopte pas l'attitude préconisée. Nous aboutissons à une gestion du risque plus honéreuse qu'une promotion pour la santé.
Par exemple, la mauvaise alimentation des jeunes n'est qu'une partie emergée de l'iceberg.
Il ne s'agit pas de savoir uniquement comment et ce que mangent les jeunes, mais comment ils vivent. La problématique est sociétale et doit donc recevoir une réponse globale. Et durable.
La encore les partenariats devraient trouver à se multiplier.

Initié par la Mutualité Française et L'union Nationale du Sport, une journée de lutte contre la sédentarité a eu lieu le 12 novembre dernier au Stade de France. Athlètes de haut niveau, possibilité de découvrir et pratiquer des sports, voilà qui peut concrètement générer une envie de poursuivre au delà d'une journée de démonstration.

Les associations sportives existent dans tous les établissements scolaires et sont peu coûteuses. A nous parents, éducateurs, enseignants, professionnels de santé d'encourager ces pratiques.
Rappelons qu'aujourd'hui, 13,5% des 11-15 ans suivent les recommandations de l'OMS, soit au minimum une heure par jour d'activité physique. En comparaison le temps moyen passé devant un écran est environ de cinq heures par jour...

En surfant, oui, oui, je confesse que moi aussi je suis derrière mon écran (mais je fais du vélo!) j'ai trouvé un site canadien bien intéressant: Bougex.com. leur slogan" Le remède des 7-77 ans pour prévenir le pourrissement des chaussures de sports, le manque de chlorophylle...et la solitude!".
L'esprit vehiculé par ce site est "SORTEZ DE CHEZ VOUS", et propose un calendrier d'activités variées autant dans le temps que l'espace. Il suffit de s'inscrire. Alors là: bravo la navigation sur le net! Media interessant, outil qui permet de faire de l'ordinateur un allié dans la lutte contre la sédentarité.
Pourquoi ne pas transposer cette initiative en France? même si la pratique de la raquette n'est pas notre sport national.
Outre le propos de la pratique sportive adaptée à chacun cette initiative est également propre à réchauffer un tissu social devenu bien frileux.
J'aimerais tant que l'on cesse de "lutter contre", mais que "l'on agisse pour".

Allez, demain je prends l'escalier. Car je n'ai pas d'ascenceur...

dimanche 11 janvier 2009

La folie dans la cité

La santé mentale des clochards est un tabou. On estime pourtant que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux. Il ressort d’une enquête réalisée par le magazine en ligne marianne2.fr que les aménagements du système de santé ont progressivement amené à la disparition des moyens et des infrastructures nécessaires à prévenir et/ou répondre aux troubles mentaux des gens de la rue.
Des hommes et des femmes se retrouvent à la rue faute d’avoir pu être pris en charge à temps. Un paradoxe choquant mis en évidence par le reportage que nous fournirons en fin de post montre les conséquences de la mise en place de la Couverture Médicale Universelle qui a eu pour effet pervers (entre autres) la fermeture de centres d’accueil en apparence moins nécessaires. Le système a donc laissé ses "fous" dériver jusqu'à la rue.
Laissons maintenant la parole à ceux qui sont à la rue et à ceux qui sont allés rendre compte d'une réalité dégueulasse dans tous les sens du terme.

Echec de la psychiatrie française. Humanité claudicante.


Voici les liens vers les trois excellents articles du journal Marianne:
Enfermés dehors: 1/3 - 2/3 - 3/3.

samedi 3 janvier 2009

Dr House

Il est regrettable de ressentir (sinon constater) que les bons médecins évoluant dans des environnements favorables n'existent que dans les séries TV. Nous serions presque en droit de nourrir quelque ressentiment à l'égard des pouvoirs publics ou de la réalité d'un terrain qui ne laissent aucune place à la fiction - entendez: illusion. Nous avons senti venir les dysfonctionnements de la Santé Publique, et avons assisté à des épisodes effroyables il y a quelques étés de cela. Eté comme hiver il nous faut désormais, semble-t-il, subir un système censé nous soutenir.

Car c'est bien un système qui va mal, pas des hommes et des femmes pris individuellement, et pas seulement des lieux ou des lits en trop petit nombre.
C'est peut-être, aussi, des vocations qui ne sont pas au rendez-vous d'une société en peine et qui veut plus, autrement, une société dont les plus affamés réquisitionnent les logements comme la nourriture dans les hypermarchés. Une société dont tous les maux s'empilent à en devenir presque inaudibles.

Surtout ne regardez plus cette série télévisée, car sinon la réalité risque de vous frapper au point de devenir un nouveau symptôme auquel notre système n'est pas, pour l'heure, prêt à répondre. Vous n'avez pratiquement aucune chance de rencontrer un médecin à la fois brillant et sarcastique, misanthrope et drôle, désireux de vous écouter. Assez ironiquement, cette série au succès planétaire et censée dénoncer (entre autres choses) les errements du système de santé américain, est écrite par un français, lui-même en grande souffrance, et qui déclare aujourd'hui: "Si ma vie est un torrent de boue, House est ma bouée. Comme je n'ai jamais trouvé le médecin qui pourrait me guérir, alors je l'ai inventé."

Les témoignages sont nombreux pour dénoncer la qualité de la prise en charge en milieu hospitalier. Une impression parmi d'autres est que l'on serait presque soupçonné de ne pas être réellement malade en arrivant aux urgences (expérience personnelle partagée par des lecteurs), d'abuser du système de soins de santé. Certains sans doute, oui. D'où les augmentations tarifaires et autres pénalités. J'ai toujours aimé la poésie sous-jacente au terme nomadisme médical. Avec quelques nuances...
Présomption de maladie? Mieux: droit opposable à la maladie. Mais comme le répète le bon Dr House lui-même, tout le monde ment. C'est peut-être à ce détail que l'on pouvait sentir les origines françaises du scénariste de la série.

Si seulement le Dr House pouvait susciter des vocations et nous offrir des médecins à la hauteur de nos espérances, des médecins qui iraient à contre courant du système. Je rencontrai récemment une jeune étudiante en médecine qui, inspirée par le personnage qu'elle avait découvert alors qu'elle était déjà engagée dans ses études, pensait opter pour la spécialisation des maladies infectieuses, comme le héros de la série. Difficile d'y voir un bien ou une influence trop facile pour être durable. Un bien, je présume. Encore que, si les vocations sont inspirées de programmes télévisés, on serait en droit de s'inquiéter. Le débat n'est pas nouveau. Et pas le nôtre.

Vivement les prochaines rediffusions du Dr House, qu'on rêve un peu.
Bon, d'accord, j'avoue: j'adore cette série. Et ce post est partisan.

vendredi 2 janvier 2009

Concepts en éducation du patient.

Loin d'être statique, l'éducation du patient est une discipline en pleine évolution et dont les limites sont difficiles à définir. Education du patient, éducation thérapeutique du patient, éducation du patient à la maladie, éducation pour la santé du patient, psychoéducation, .... Bien plus qu'un problème de terminologie, chacune de ces appellations renvoit à des champs d'actions, des objectifs, à des thèmes et à des moments différents d'intervention dans l'histoire de la maladie et/ou de la santé des patients, à des « patients » différents.

1 - L'éducation thérapeutique du patient
  • Il y a les malades et les bien portants.
    On peut utiliser une première typologie : les personnes, groupes ou publics, auxquels s'adresse l'éducation pour la santé peuvent être distingués, d'un point de vue santé, en malades (chez qui on a porté un diagnostic de maladie) et en bien-portants. L'éducation du patient s'occupe alors des malades et le patient est le malade.
  • Le patient malade chronique
    Pour certains, l'éducation du patient vise un public plus particulier, les malades chroniques. Le patient est celui ou celle susceptible de consulter régulièrement parce qu'atteint d'une maladie chronique nécessitant des soins réguliers et répétitifs qui peuvent être placés sous sa responsabilité. Ainsi pense-t-on aux asthmatiques, aux diabétiques, aux insuffisants rénaux entre autres.
  • L'éducation thérapeutique des patients
    Pour ces patients, l'éducation pour la santé vise plus à apprendre la maladie que la santé, l'un n'excluant pas l'autre. L'éducation du patient peut s'inscrire dans le cadre de mesures thérapeutiques, c'est à dire du traitement prescrit. Elle vise donc plus particulièrement à aider le patient à prendre en charge son traitement (adaptation des doses de médicaments, manipulation d'inhalateur, du peak flow ... par ex. dans le cas de l'asthme).
    Dans ce cas, l'appellation « éducation thérapeutique du patient » est utilisée et l'action considérée comme une part de la pratique clinique (OMS, 1998). Elle a pour but de former les patients à l'autogestion, à l'adaptation du traitement à leur maladie chronique, et à leur permettre de faire face au suivi quotidien. Elle est essentielle dans le cadre des maladies de longue durée, mais on précise toutefois que les patients souffrant de maladies aiguës ne doivent pas en être exclus.

    L'éducation thérapeutique du patient doit être conçue pour permettre au patient (ou à un groupe de patients et aux familles) de gérer le traitement de leur maladie et de prévenir les complications, tout en maintenant ou en améliorant leur qualité de vie. Son but principal est de produire un effet thérapeutique complémentaire à ceux de toutes les autres interventions (pharmacologiques, kinésithérapie, etc.).

2 - L'éducation du patient à sa maladie
    Pour désigner l'éducation plus largement dirigée vers la vie avec une maladie, mais sans lien obligatoire avec le traitement, on parle « d'éducation du patient à sa maladie ». Dans ce cas, l'éducation recouvre à la fois la gestion du traitement (curatif et prévention de complications) et la vie avec la maladie ou le handicap (ex. hémiplégie).

3 - L'éducation pour la santé du patient
  • Le patient comme usager des services de santé
    Le patient peut être défini comme une personne engagée volontairement dans une relation de soins avec un professionnel des soins. C'est alors la démarche (consulter) et l'interlocuteur (professionnel de soins), et non l'état qui définissent le patient. Pour un obstétricien, une femme enceinte en consultation est une patiente ; pour un dentiste, une personne en consultation pour un examen préventif est un patient, sans que cela n'implique de maladie.

  • Le patient bien-portant
    Plus encore, reconnaissant que même un patient chronique ne peut être considéré comme malade lorsqu'il est bien équilibré, en état stable, situation courante dans la prise en charge du diabète, de l'hypertension, de l'asthme, etc. . , l'OMS propose le concept hybride de « personne malade en bonne santé » (healthy ill people) pour désigner cet état. Chacun connaît des exemples dans sa vie professionnelle ou dans son expérience personnelle de personnes ayant une maladie (chronique) et pourtant en bonne santé. De nombreux sportifs de haut niveau sont des patients chroniques. Parfois, le révélateur de la maladie est le traitement. Il faut accepter la coexistence, chez toute personne d'une « zone » de maladie avec toutes ses conséquences, au sein d'un ensemble élargi appellé santé.

    L'éducation du patient peut ainsi être considérée, au sens large, comme une éducation pour la santé dirigée vers les personnes ou groupes engagés dans une relation de soins. Elle comprend donc tant l'éducation pour la santé que l'éducation à la maladie, regroupant du même coup tous les types de prévention : primaire, secondaire, tertiaire, voire quaternaire ou du moins les aspects éducatifs de la prévention. Elle s'inscrit dans une démarche globale de promotion de la santé et n'est plus axée seulement sur la maladie. Le terme d' « éducation pour la santé du patient »semble dans ce cas le plus adéquat et le plus apte à englober toutes les pratiques éducatives. Le but de l'éducation pour la santé du patient est que la personne qui consulte un professionnel de soins, quel que soit son état de santé, soit en mesure de contribuer elle-même à maintenir ou améliorer sa qualité de vie. Les objectifs généraux sont donc que les patients et leur famille (Sandrin Berthon, 2000):

    * Utilisent de manière optimale les services de santé
    * Prennent un rôle actif dans le dialogue qu'ils instaurent avec les soignants
    * Acceptent le caractère éventuellement chronique de la maladie ou du handicap
    * Assument les contraintes d'une surveillance régulière et de certains dépistages
    * Prennent en charge leurs traitements en concertation avec les professionnels
    * Réussissent à changer certaines de leurs habitudes de vie s'ils en perçoivent la nécessité
    * Se fassent entendre auprès des institutions, des services et des professionnels qui peuvent contribuer à améliorer leur état de santé et leurs conditions de vie
L'éducation thérapeutique du patient est incluse dans l'éducation du patient à sa maladie qui est elle même incluse dans l'éducation pour la santé du patient.

lundi 22 décembre 2008

GENERATION e-MEDIATE

Dans le journal Le Monde daté du 20 décembre 2008, J.M. Dumay nous parle du malaise des jeunes:
"Le numérique fait naître une civilisation en rupture: horizontale, transverse, e-médiate. La génération qui manifeste est celle des digitales natives, nés avec un mobile sur l'oreille et une souris dans la main. La génération Messenger, qui se mobilise par Texto, anti jacobine par essence technologique, pour qui la télé, la radio, les journaux imprimés ne sont qu'arts mineurs. [...] les jeunes adultes cherchent moins la magistralité que le partage d'expériences."


N'y a-t-il pas un hiatus dans l'appréhension de la jeunesse, comblé par la cybernétique en réponse à une sorte de démission de la part de leurs ainés?
Démission certes involontaire, les adultes happés par leur quotidien difficile, les changements sociétaux, la crise mondiale, engendre une absence de dialogue entre générations. Les jeunes s'engouffrent dans ce qui les rapprochent tout en les éloignant: la toile, les mobiles, la vidéo.

Ils en viennent à oublier leur corps.

Mais dans le système de santé, où trouvent-ils leur place? Passée la phase de pédiatrie, ils n'ont recours à la médecine qu'en cas d'urgence. Et à l'image de la société consumériste dans laquelle ils évoluent, ils cherchent une réponse immédiate à leurs problèmes de santé, de quête d'identité, d'anxiété. S'ils ne la trouvent pas, ils zappent, et laissent se gangrener des situations difficiles en adoptant ce que l'on appelle des comportements à risque. Toxicomanies, déséquilibres alimentaires, violences.

Ces thèmes sont jugés prioritaires et sont au cœur des campagnes de communication et des actions de sensibilisation. Leur but: protéger, informer, responsabiliser des jeunes trop souvent immatures.
Comment innover?
Comment rendre les jeunes acteurs de leur santé?
Un exemple nous est offert avec "Clap Santé", festival du film amateur de prévention santé pour les 12-25 ans. Le choix de l'outil d'expression est le film vidéo. Ce festival a pour objectif de développer les compétences psycho sociales des jeunes en leur donnant l'opportunité d'exprimer leur représentations en santé, en prévention de la santé ou encore des problèmes ressentis. Cet espace d'expression peut-être un moyen valorisant pour les adolescents de développer la promotion notamment en milieu scolaire.
Et ouvrir leur quotidien.



mercredi 3 décembre 2008

Usagers de santé

La révolte gronde parmi les usagers du système de santé. Leur indignation est de plus en plus audible. Ce qu'ils expriment avec force, c'est un sentiment insupportable de culpabilisation et d'infantilisation. Coupables d'être malades, de susciter des prescriptions superflues, de se goinfrer de médicaments, de pratiquer le "nomadisme médical"... Coupables d'avoir fumé, d'avoir trop bu, trop mangé, trop joui de l'existence, soupçonnés de frauder, d'abuser des arrêts-maladie, de profiter du système... Égoïstes et irresponsables, incapables de mesurer les conséquences économiques de leurs coupables faiblesses. Cette image péjorative, les usagers du système de santé la considèrent comme une violence, et comme telle la rejettent avec force.

Que faire? D’abord, cesser de regarder les problèmes de financement par le petit bout de la lorgnette: les usagers ne sauraient être tenus pour les uniques responsables des déficits constatés. Ensuite interroger les déterminants qui font que la dépense liée aux consommations de médicaments est en France la plus importante d'Europe. Enfin, cesser de croire que la culpabilisation des personnes les incitera à adhérer à une théorie, une norme ou à changer de comportement. La culpabilité incite à un repli sur soi mortifère, diminue l'estime de soi et conduit au rejet de l'entité culpabilisante, qu'il s'agisse d'une personne, d'un groupe social ou d'une société toute entière. Ce n'est pas en désignant les coupables que l'on accroîtra la nécessaire solidarité entre tous, malades et bien portants. La gestion du système de santé est une affaire trop sérieuse pour n'être réduite qu'à une écriture comptable. Il s'agit donc d'associer les usagers aux débats de santé qui les concernent. Il y va de la responsabilisation de tous, professionnels, usagers et citoyens.

Comme en réponse à ce billet d'humeur de C.Ferron et à l'un de mes messages posté le 16 Novembre dernier, la Conférence Nationale de santé organise le 18 Décembre 2008 à Paris, conjointement avec la Conférence Régionale de Santé d'Ile de France, le premier débat public de sa mandature sur le respect des droits des usagers du système de santé.
Les inscriptions se font soit par téléphone: 01.40.56.47.44 ou 01.40.56.63.73 soit en ligne à cette adresse.

Le moment pour tous de faire entendre sa voix, d'être partie prenante. Acteurs et partenaires de notre système de santé.

dimanche 16 novembre 2008

Promotion de la santé

Je vous invite à prendre connaissance du "Billet d'humeur" concernant la promotion de la santé: le désir de tous, la priorité de personne, et vous reporter ensuite au lien de comparaison sur ce sujet entre le Canada et la France.
Ces articles viennent alimenter la réflexion amorcée sur l'importance à accorder à des débats citoyens en santé publique. Les espaces communautaires ne manquent pas: mairies,lieux associatifs... Les sujets de débats ne manquent pas, et ne devraient plus être l'apanage des seuls professionnels, dont nous ne remettons pas en cause la légitimité et encore moins les compétences à être force de proposition. A l'instar de ce qui se passe dans nos collèges et lycées dans lesquels existent des Comités d'Education à la Santé et la Citoyenneté, ne pourrait-on instaurer ce genre de comité dans les collectivités territoriales? Ainsi chacun pourrait trouver son espace de parole, propre à aiguiser sa conscience concernant les enjeux de santé publique, d'environnement de qualité de vie...