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lundi 2 février 2009

Le syndrome Benjamin Button?

Il neige, pleut, gadouille, mais n'écoutant que mon courage et surtout la nécessité je me suis équipée, pas glamour pour deux sous, et suis sortie braver les éléments (ouf! les éléments existent encore!).
Bon je sors donc, un peu rêveuse sous les flocons, c'est joli non tous ces cristaux? Je croise sur ma route plusieurs kiosques à journaux, dont les bandes défilantes de publicité pour des magazines me laissent de neige jusqu'à ce que....
"SPECIAL RAJEUNIR! GAGNEZ DIX ANS SANS PERDRE VOTRE NATUREL" et de vanter LA star qui "a l'âge de beauté". C'est quoi l'âge beauté?C'est quand? Première interrogation engourdie par le froid.
Me voilà tout soudain sortie de ma rêverie. Je rage, ça y est.
Qui plus est, je le confesse, j'ai dépensé 2,30 euros pour mieux analyser LA chose. Allons-y.
Veux-je gagner dix ans? Au grattage? oui.

J'en aurai besoin si je veux me faire lifter, injecter une toxine botulique après un massage thaï, avec un service VIP. Je veux aussi que mon assiette soit un produit de jouvence, dépenser 5000 euros pour me faire lifter les paupières (moi je trouve que les miennes ne tombent pas, mais on ne sait jamais), les cernes, les sillons nasogeniens, le relâchement de mon ovale jusqu'à présent exceptionnel. Mais que je ne m'inquiète pas: il y a maintenant: le Co2 contre les rides, un polyethylène glycol, et des extraits plaquettaires revitalisants.
Si vous avez 2,30 euros en poche, dépensez-les pour une bonne baguette multigrains: même effet.
Mais attention! Je ne vous ai pas tout révelé! Il y a une autre façon de rajeunir: Ouf!Vous pouvez intervenir: sur vos dents comment? effet trompe l'oeil, vous pouvez y aller, John Travolta et Ben Affleck l'ont fait, et ben pour l'autre façon, je crois qu'il faut aussi gagner au grattage. Comme ça vous, nous, pourrons:
  • étoffer la lisière des cheveux
  • repulper les tempes
  • remonter la pointe du nez
  • relever la commissure des lèvres
Bon ça suffit comme ça. Heureusement, après nous avons des conseils pour rester jeunes dans notre tête. Je ne veux même pas les lire.

Je suis outrée.

J'ai l'âge que j'ai, tout le monde s'en fout, ce que je souhaite, c'est rester dynamique, créative, fantaisiste, gaie, enthousiaste, déprimée à mes heures ( c'est permis), et pour cela, il n'y qu'un remède miracle: la chaleur humaine, la solidarité, se rapprocher dse gens heureux. Vains mots? Je suis plus sûre de leur efficacité que celle du botox.

Juste un petit rappel: l'espérance de vie des femmes françaises est de 83,3 ans: je "gagne 10 ans de quoi"?

Et arrêtons de défier le temps: il est notre allié, j'ai lu l'histoire de B. Button, issue de nouvelles de F.S. Fitzgerald, j'ai lu aussi "Tous les hommes sont mortels" de S. de Beauvoir, ne pouvons-nous accepter notre sort de mortel en gardant à l'esprit ce qu'il y a de mieux pour chacun de nous?

samedi 31 janvier 2009

ACTION!

Voici un témoignage récent, qui est bien inquiétant.
Ce n'est pas tant l'attitude de cette adolescente, que notre incapacité à mettre en oeuvre une promotion de la santé auprès des jeunes scolarisés qui m'interpelle en tant que professionnelle de santé.

Certains Comités d'Education à la santé et la Citoyenneté sont efficaces et actifs dans les collèges et lycées mais , et ce témoignage le prouve, les actions menées, par exemple sur la sexualité restent sans écho auprès des jeunes. La plupart du temps, le message véhiculé est basé sur la notion de risque, et c'est principalement cela que cherchent les jeunes: le goût du risque. Pour se mesurer, tester leur limites, ou justement prouver leur absence de limites. Nous savons bien que la transgression est l'une des caractéristiques de l'adolescence. Alors si nous poursuivons avec des messages alarmistes et diabolisant, nous sommes à peu près certains de tomber à côté de l'objectif d'éducation, de prévention, de responsabilisation.
Nos messages devraient être les médiateurs de notion de plaisir, d'estime de soi, faire appel à la capacité d'actions valorisantes (et valorisées) des jeunes.

De plus l'éducation par les pairs est une notion qui devrait tendre à se développer. Je n'y vois que des avantages.
Situation souvent moins moraliste... J'en ai fait l'expérience en tant qu'infirmière scolaire. La proposition était la suivante:
Les 3emes avaient pour responsabilité de transmettre aux 4emes les messages reçus l'année précédente sur la sexualité. Ce système s'est révélé efficace sur deux points au moins: responsabilisation, réactualisation des connaissances. Sans compter que le vocabulaire utilisé pour cette transmission de connaissances était plus adapté! Pour tester l'efficacité de cette démarche, un quizz était proposé aux élèves de 4e, évalué par leurs aînés.

Cette expérience pourrait être transposable à d'autres actions: la nutrition, l'alcool, la toxicomanie.
Car on le sait la priorité pour les adolescents n'est pas la santé, et les impliquer directement dans des actions de prévention, comme acteurs ne peut à mon sens que les motiver.

Par ailleurs les spots réalisés par l'INPES, tel celui présenté à la fin de ce message, diffusés à la télévision (qui n'est plus du tout le média favori des jeunes) ne pourraient-ils être rendus accessibles dans les collèges et lycées par des bornes interactives? Et enfin donner aux adolescents les moyens d'auto-évaluer leurs connaissances en santé, et leur accorder le droit à l'erreur.


samedi 3 janvier 2009

Dr House

Il est regrettable de ressentir (sinon constater) que les bons médecins évoluant dans des environnements favorables n'existent que dans les séries TV. Nous serions presque en droit de nourrir quelque ressentiment à l'égard des pouvoirs publics ou de la réalité d'un terrain qui ne laissent aucune place à la fiction - entendez: illusion. Nous avons senti venir les dysfonctionnements de la Santé Publique, et avons assisté à des épisodes effroyables il y a quelques étés de cela. Eté comme hiver il nous faut désormais, semble-t-il, subir un système censé nous soutenir.

Car c'est bien un système qui va mal, pas des hommes et des femmes pris individuellement, et pas seulement des lieux ou des lits en trop petit nombre.
C'est peut-être, aussi, des vocations qui ne sont pas au rendez-vous d'une société en peine et qui veut plus, autrement, une société dont les plus affamés réquisitionnent les logements comme la nourriture dans les hypermarchés. Une société dont tous les maux s'empilent à en devenir presque inaudibles.

Surtout ne regardez plus cette série télévisée, car sinon la réalité risque de vous frapper au point de devenir un nouveau symptôme auquel notre système n'est pas, pour l'heure, prêt à répondre. Vous n'avez pratiquement aucune chance de rencontrer un médecin à la fois brillant et sarcastique, misanthrope et drôle, désireux de vous écouter. Assez ironiquement, cette série au succès planétaire et censée dénoncer (entre autres choses) les errements du système de santé américain, est écrite par un français, lui-même en grande souffrance, et qui déclare aujourd'hui: "Si ma vie est un torrent de boue, House est ma bouée. Comme je n'ai jamais trouvé le médecin qui pourrait me guérir, alors je l'ai inventé."

Les témoignages sont nombreux pour dénoncer la qualité de la prise en charge en milieu hospitalier. Une impression parmi d'autres est que l'on serait presque soupçonné de ne pas être réellement malade en arrivant aux urgences (expérience personnelle partagée par des lecteurs), d'abuser du système de soins de santé. Certains sans doute, oui. D'où les augmentations tarifaires et autres pénalités. J'ai toujours aimé la poésie sous-jacente au terme nomadisme médical. Avec quelques nuances...
Présomption de maladie? Mieux: droit opposable à la maladie. Mais comme le répète le bon Dr House lui-même, tout le monde ment. C'est peut-être à ce détail que l'on pouvait sentir les origines françaises du scénariste de la série.

Si seulement le Dr House pouvait susciter des vocations et nous offrir des médecins à la hauteur de nos espérances, des médecins qui iraient à contre courant du système. Je rencontrai récemment une jeune étudiante en médecine qui, inspirée par le personnage qu'elle avait découvert alors qu'elle était déjà engagée dans ses études, pensait opter pour la spécialisation des maladies infectieuses, comme le héros de la série. Difficile d'y voir un bien ou une influence trop facile pour être durable. Un bien, je présume. Encore que, si les vocations sont inspirées de programmes télévisés, on serait en droit de s'inquiéter. Le débat n'est pas nouveau. Et pas le nôtre.

Vivement les prochaines rediffusions du Dr House, qu'on rêve un peu.
Bon, d'accord, j'avoue: j'adore cette série. Et ce post est partisan.

dimanche 30 novembre 2008

Droit opposable à l'erreur



samedi 29 novembre 2008

Le droit à l'erreur

Nous sommes pris dans une société de performance dont il faut se libérer pour retrouver l'estime de soi... à partir du développement de ses propres critères d'appréciation internes.
On fait fausse route quand on mise sur ce que la société valorise
(la performance, l'intelligence, le succès) pour trouver
le bonheur, un bonheur devenu «épuisant».
L'auto-évaluation de soi devient ainsi
une réalité avec laquelle il faut
composer, pour être capable
de faire la part des choses
et de se donner tous les
moyens d'affronter
les situations les
plus diverses,
même s'il y a
risque d'
échec

*

Le portrait de la personne faisant preuve d'une bonne estime de soi ressemble trait pour trait à celle qui en arrive à développer à long terme son propre référant, ce sentiment d'appréciation de soi-même, en prenant plaisir à faire de son mieux, en se donnant le droit à l'erreur, en faisant face à toute situation (plutôt qu'en l'évitant), et en investissant sur l'effort plutôt que sur le résultat.

Je peux me tromper.

Prenez le temps de lire ce bel article sur la santé et l'éthique comme jugement d'appréciation sur les attitudes positives ou négatives, tant en ce qui concerne les usagers que les professionnels, par le Pr R. P. Paul.

Pour les plus curieux

vendredi 28 novembre 2008

Pour une pédagogie de l'empathie

Les jeunes délinquants pourraient aller en prison dès l'âge de 12 ans. C'est en effet ce qui ressortirait du rapport parlementaire commandé par Mme le Ministre Rachida Dati sur la réforme de la justice des mineurs. Laissons les informations nous parvenir avant de prendre position. Mais prenons d'ores et déjà le temps de lire et d'entendre ce qu'en pense Boris Cyrulnik.