Affichage des articles dont le libellé est Determinants en santé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Determinants en santé. Afficher tous les articles

mardi 10 février 2009

Sourde oreille

"Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit" (Gabriel Hannotaux)

Une manif. vient de passer en bas de chez moi. Je n'ai pas compris qui elle représentait, en revanche son objectif était clair: se faire entendre et faire du bruit. C'est réussi. Ce qui l'est moins, c'est que le message n'est pas passé. Pourquoi? Car les revendications étaient couvertes par le bruit des sifflets. Dommage, j'aurais peut-être adhéré. Mais personnellement, le bruit est l'une des agressions les plus...agressives. Le bruit est la première source de plaintes, et l'une des premières sources de conflits. Nous en arrivons au terme: pollution sonore.
Le seuil de tolérance est une notion personnelle (j'ai souvent eu envie d'étrangler mon voisin qui écoute de la musique que je n'aime pas à fond la caisse), mais également et surtout physiologique.
Le risque auditif n'est pas seulement présent dans la vie professionnelle. Le bruit peut également se révéler néfaste pendant les loisirs, et notamment en écoutant la musique à un niveau sonore élevé (coucou à mon voisin). Le risque est alors d'autant plus pernicieux qu'il est associé à une notion de plaisir.

Des chiffres?[1]
Chaque année en France on enregistre plus de 200.000 nouveaux cas d'acouphènes, dont 130.000 concernent des jeunes ayant subi un traumatisme sonore.
Il faut savoir que la surdité due au bruit est une surdité traumatique de perception, inopérable, et difficile à appareiller car l'oreille interne transmet au cerveau un message nerveux atténué et confus. Quant aux acouphènes, ces bruits et sifflements dans les oreilles, ils peuvent ne plus jamais s'arrêter et empoisonner la vie.
Le site pédagogique "Peace & Lobe" est particulièrement explicite et bien fait . Je vous invite à le découvrir.
A destination d'un public adolescent, son action est préventive, sans être dans le diktat.
Des conseils de base et de bon sens, des explications claires. Instructif. Pas seulement informatif.

Encore une fois, et pour les lecteurs fidèles, nous en revenons à la médecine préventive, credo de "Santé & Pédagogie". En effet, le dépistage restant mineur pendant l'enfance et l'adolescence, nous en revenons toujours au même point: des risques accrus d'invalidité. Et des dépenses accrues pour y faire face. D'autant que la prise en charge de l'appareillage est la plupart du temps ridicule.
Quittons nous sur quelques conseils:
  • Eviter les lieux, etablissements, groupes et activités à réputation sonore trop élevé.
  • Dans les concerts ou autres manifestations sonores, éloignez-vous des enceintes acoustiques.
  • Contrôlez le niveau sonore de votre baladeur, chaine Hi-Fi, ou auto-radio. On a souvent tendance à augmenter le volume progressivement jusqu'à atteindre des niveaux trop élevés, sans s'en apercevoir objectivement.
  • C'est pas glamour, mais: en boîte (le terme est vraiment approprié) portez des protecteurs en mousse une partie de la soirée.
  • Réduisez un peu votre temps d'écoute: pas plus de 20 h de baladeur.
  • Après une soirée en discothèque ou concert, mettez vos oreilles au repos pendant 12 à 24 heures.
A bon entendeur: Salut!

vendredi 6 février 2009

Comment la ville nuit-elle à notre cerveau?

Merci à la blogosphère, quand on y trouve des articles pareils.
Le développement durable est très "tendance" oui, mais pourquoi?
Justement parce que nous nous sentons menacés par la dégradation de notre environnement, dégradation à laquelle nous avons tous contribué. Là également la pédagogie a un rôle a jouer, pour que nos successeurs prennent conscience de la fragilité de l'environnement, lequel, rappelons-le est l'un des déterminants en santé.


Comment la ville nuit-elle à notre cerveau ?

La ville a toujours été le moteur de la vie intellectuelle, rappelle le journaliste spécialisé dans le domaine de la cognition, Jonah Lehrer, auteur de l'excellent "Proust was a neuroscientist" (Proust était un neuroscientifique) et du récent "How we decide" (Comment nous décidons) dans un article du Boston Globe. Reste que l'on sait encore mal comment elle agit sur notre cerveau.
Des chercheurs américains et australiens commencent à montrer que le simple fait de vivre dans un environnement urbain à des effets sur nos processus mentaux de base. Après avoir passé quelques minutes dans une rue bondée, le cerveau est moins en mesure d'organiser les informations qu'il reçoit dans la mémoire, explique le psychologue du Laboratoire de neuroscience cognitive de l'université du Michigan, Marc Berman.
A l'inverse, la nature serait un élément extrêmement bénéfique pour le cerveau : des études ont même démontré que des patients d'hôpital qui peuvent voir des arbres de leurs fenêtres se rétablissent plus rapidement que ceux qui en sont privés.
Alors que la majorité de la population réside dans les villes, les environnements de béton et d'automobiles auxquels nous sommes confrontés auraient des incidences sur notre santé mentale et physique, jusqu'à modifier la façon dont nous pensons. Les neuroscientifiques et les psychologues commencent à s'intéresser à l'aménagement urbain pour qu'il cause moins d'atteinte à notre cerveau. La plantation d'arbres en centre-ville ou la création de parcs urbains peuvent ainsi réduire de façon significative les effets négatifs de la vie urbaine. Quand on se promène en ville, notre cerveau, toujours à la recherche de menaces potentielles, doit gérer les multiples stimuli liés à la circulation et à la vie urbaine. La gestion de telles tâches mentales, apparemment anodines, a tendance à nous épuiser, car elle exploite l'un des principaux points faibles du cerveau : sa capacité de concentration. Une ville est si débordante de stimuli que nous devons constamment rediriger notre attention pour ne pas être distraits par des choses sans importance comme une enseigne clignotante ou des bribes de conversations. L'esprit est comme un puissant super-ordinateur, mais le fait de prêter attention consomme une grande partie de sa puissance de traitement.
La vie en milieu naturel en revanche ne nécessite pas la même quantité d'effort cognitif. En fait, les milieux naturels sont tout autant remplis d'objets qui capturent notre attention, mais qui ne déclenchent pas de réponse émotionnelle négative (contrairement à une voiture ou à une foule de piétons) ce qui fait que le mécanisme mental qui dirige l'attention peut se détendre en profondeur. Selon la dernière étude publiée par l'équipe de Marc Berman, deux groupes d'étudiants se sont promenés, les uns dans les rues animées les autres dans un parc et ont subis ensuite une série de tests psychologiques de mémoire et d'attention. Ceux qui s'étaient promenés en ville ont moins bien réussi les tests que ceux qui se sont promenés dans un parc.

LES STIMULI DE LA VILLE ÉPUISENT NOTRE CAPACITÉ À NOUS AUTO-CONTRÔLER

La densité de la vie en ville n'influe pas seulement sur notre capacité à nous concentrer. Elle interfère également avec notre capacité à nous auto-contrôler. Lors d'une promenade en ville, notre cerveau est également sollicité par de nombreuses tentations consuméristes. Y résister nous oblige à nous appuyer sur le cortex préfrontal, la même zone que celle qui est responsable de l'attention dirigée et qui nous sert à éviter le flot de circulation urbain. Epuisé par la difficulté à gérer notre déambulation urbaine, il est moins en mesure d'exercer ses capacités d'auto-contrôle et donc nous rend plus enclins à céder aux tentations que la ville nous propose. Je pense que les villes révèlent la fragilité de certaines de nos plus hautes fonctions mentales , explique Frances Kuo, directrice du Laboratoire du paysage et de la santé humaine à l'université de l'Illinois. Nous prenons ces talents pour acquis, mais ils ont vraiment besoin d'être protégés. Des recherches ont montré que l'augmentation de la charge cognitive liée à la vie urbaine rend les gens plus susceptibles de choisir un gâteau au chocolat au lieu d'une salade de fruits. La ville subvertit notre capacité à résister à la tentation consumériste, avancent même certains spécialistes.
La vie urbaine peut aussi conduire à la perte de contrôle de ses émotions. Kuo et ses collègues ont montré que la violence domestique était moins fréquente dans les appartements avec vue sur la nature que ceux qui n'ont vue que sur le béton. L'encombrement, les bruits imprévisibles ont aussi des effets sur l'augmentation des niveaux d'agressivité. Un cerveau fatigué par les stimuli de la ville est plus susceptible de s'emporter. Mais les pelouses ne suffisent pas à notre bien-être. Dans un article récent, Richard Fuller, un écologiste de l'Université du Queensland en Australie, a démontré que les bénéfices psychologiques d'un espace vert sont étroitement liés à la diversité de sa flore. Nous nous inquiétons beaucoup des effets de l'urbanisation sur les autres espèces , dit Fuller, mais nous sommes également touchés par elle.
Quand un parc est bien conçu, il peut améliorer le fonctionnement du cerveau en quelques minutes. Comme le démontre l'étude de Marc Berman, pour améliorer notre attention et notre mémoire, se promener dans un environnement naturel peut être plus efficace que le dopage. Compte tenu de la myriade de problèmes de santé mentale, qui sont exacerbés par la vie en ville, de l'incapacité de prêter attention au manque de maîtrise de soi, la question demeure : Pourquoi les villes continuent-elles de croître ? Et pourquoi, même à l'ère de l'électronique, est-ce qu'elles continuent d'être les sources de la vie intellectuelle, s'interroge Jonah Lehrer? C'est parce qu'elles ont aussi l'avantage de concentrer les interactions sociales qui sont une des sources de l'innovation et de la créativité, expliquent les scientifiques de l'Institut de Santa Fe, sur le modèle de la réflexion que menait récemment Pekka Himanen sur la glocalité des réseaux d'innovation.
Nous ne retournerons pas à la campagne demain, mais peut-être pouvons-nous apprendre à construire des villes qui soient moins agressives et plus respectueuses des limites cognitives de notre cerveau.

Article publié originellement sur Internetactu
Hubert Guillaud

lundi 12 janvier 2009

Le monde tourne trop rond

L'obésité: éléments de réflexion sur une stratégie de santé publique.
Deuxième partie
.

Dans une première partie, un état des lieux sur l'obésité a été dressé, avec une première approche faisant référence aux valeurs de l'Unité pour la Santé, et surtout au Pentagone du Partenariat, concept développé par C. Boelen


Chaque partenaire a ses forces et ses contraintes, ses attentes et ses objectifs. Il s'agit de générer un partenariat productif et durable, dans un engagement à long terme, tant au niveau des actions que des acteurs.

Les gouvernements hésitent à prendre des mesures qui affectent les systèmes alimentaires, en raison de leurs répercussions économiques. Jusqu'à présent les principales actions entreprises se situaient au niveau de la prise en charge de la maladie. la prévention reste insuffisante, elle intervient, en ce qui concerne l'éducation sanitaire, pour modifier les comportements nutritionnels au plan national. Aujourd'hui, l'enjeu réside dans l'intégration des différentes politiques sectorielles.

ELEMENTS POSSIBLES DE STRATEGIES:

  • La création de centres de références de prise en charge de l'obésité serait un élément de réponse à cette approche multifactorielle, nécessaire à une meilleure coordination entre les acteurs. En aucun cas il ne s'agit de stigmatiser la maladie, mais bien de répondre par des moyens adaptés. Pour la création de ces centres destinés aussi bien aux adultes qu'aux enfants, nous espérons une véritable collaboration répondant à quatre critères principaux.
  1. Une labellisation: à la fois garant de qualité de la prise en charge mais également de possibilité d'évaluation et de réajustement, de formation des acteurs concernés. Cette labellisation legitimerait en outre la mise en place du matériel adéquat pour le traitement des malades obèses, garantissant l'égalité d'accès aux soins.
  2. Une réelle prise en compte de l'aspect social: l'obésité est souvent liée à la précarité. Dès lors le partenariat avec les travailleurs sociaux est indispensable, que ce soit à l'hôpital ou avec des réseaux de ville. Ce partenariat peut être mis en place avec les assistants sociaux, afin de travailler sur l'accès aux droits ( Cotorep, CMU, logement..), les conseillers en économie sociale et familiale, avec qui les patients peuvent aborder les problèmes de gestion, d'élaboration de menu. Les éducateurs ont également un role à jouer, notamment auprès des adolescents.
  3. Un travail sur l'image de soi, la revalorisation de son image: ce travail permet d'accompagner les modifications corporelles en cours ou à venir. Les compétences d'une de dietetciens, en tadem ou non avec celles de psychologues sont necessaires pour ce suivi. Mais l'on peut également penser à des ateliers d'art thérapie, d'expression corporelle, de sports adaptés.
  4. La création de réseaux spécifiques: à l'image du travail réalisé dans la prise en charge des personnes atteintes par le VIH, pouvons-nous imaginer la création et le developpement d'un réseau "Ville/Hôpital Obésité". Ce réseau pourrait réunir autour ce ces centres de références:

- les soignants hospitaliers
- les médecins de villes
- les chercheurs
- les établissements de soins de suite
- les associations de patients
- les travailleurs sociaux
- des propositions de formation
- des moyens de dépistages
- des médiateurs ( avec la médecine scolaire, celle du travail)

Cette liste n'est pas exhaustive, et doit répondre avant tout aux besoins du public concerné.

Pour étayer la pertinence de la mise en place de ces dispositifs, rappelons que le Ministère de la Santé a établi en 2005 une circulaire, annonçant la création de pôles inter régionaux spécialisés dans l'accueil des personnes obèses, mais ces pôles peinent à voir le jour...

  • La prévention: une action plus en amont.
En s'appuyant sur le PNNS2, dont l'objectif est d'améliorer l'état de santé de la population en agissant sur la nutrition, l'un des facteurs déterminants, six axes stratégiques sont dégagés:
  1. Informer et diriger les consommateurs vers des choix alimentaires et des niveaux nutritionnels adéquats.
  2. Prévenir, identifier et gérer les problèmes nutritionnels dans le système de santé
  3. Inciter les industries agro-alimentaires au dialogue avec les associations de consommateurs
  4. Mettre en place des systèmes de contrôles nutritionnels de l'alimentation de la population
  5. Développer la recherche en nutrition , épidémiologie, comportements, recherche clinique
  6. Mettre en place des mesures de santé publique auxiliaires et des actions visant des groupes spécifiques de population
Mais pour être plus concret, afin de mieux prévenir les problèmes de surpoids et plus particulièrement chez les jeunes les programmes de prévention s'accordent tous sur les points suivants: privilégier l'allaitement maternel, stimuler l'activité physique des enfants et adolescents, contrôler les boissons et nourriture des cantines et mettre en place un dépistage systématique. La médecine scolaire a ici un rôle prépondérant.

L'approche classique pour prévenir l'obésité a été centrée jusqu'à présent sur l'appel à la responsabilité individuelle. Menée isolément dans une société obésogène, cette approche se révèle inefficace. Face à un problème multifactoriel, les interventions doivent revêtir un caractère pluridiciplinaire. Puissions-nous arriver à un meilleur équilibre entre approhes individuelles et sociétales, entre actions éducatives et modification du micro-environnement, plus favorables à la santé et à la qualité de vie. Cela sous-tend des mesures économiques et sociales faisant jouer au mieux les forces de synergies


dimanche 11 janvier 2009

La folie dans la cité

La santé mentale des clochards est un tabou. On estime pourtant que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux. Il ressort d’une enquête réalisée par le magazine en ligne marianne2.fr que les aménagements du système de santé ont progressivement amené à la disparition des moyens et des infrastructures nécessaires à prévenir et/ou répondre aux troubles mentaux des gens de la rue.
Des hommes et des femmes se retrouvent à la rue faute d’avoir pu être pris en charge à temps. Un paradoxe choquant mis en évidence par le reportage que nous fournirons en fin de post montre les conséquences de la mise en place de la Couverture Médicale Universelle qui a eu pour effet pervers (entre autres) la fermeture de centres d’accueil en apparence moins nécessaires. Le système a donc laissé ses "fous" dériver jusqu'à la rue.
Laissons maintenant la parole à ceux qui sont à la rue et à ceux qui sont allés rendre compte d'une réalité dégueulasse dans tous les sens du terme.

Echec de la psychiatrie française. Humanité claudicante.


Voici les liens vers les trois excellents articles du journal Marianne:
Enfermés dehors: 1/3 - 2/3 - 3/3.

mardi 6 janvier 2009

Le monde tourne trop rond

L'obésité: éléments de réflexions sur une stratégie de santé publique.
Première partie.

L'obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l'histoire. L'OMS parle d'épidémie qui touche aussi bien les pays industrialisés que ceux en voie de développement. En France les principales données sont fournies par ObEpi, et montrent une augmentation régulière de l'obésité entre 1997 et 2003. Selon le dernier classement de l'International Obesity Task Force la prévalence de l'obésité en France se situe au 23ème rang sur les 25 de l'Union Européenne. Elle est équivalente à celle des Etats-Unis en 1991, et si le taux d'accroissement se maintient, un adulte sur cinq sera obèse en 2020.
Maladie plurifactorielle, reconnue aujourd'hui comme maladie chronique, l'obésité est à l'origine de certains types de diabète, de cardiopathies, d'attaques cérébrales, et a un effet aggravant sur plusieurs autres affections. Environ 5 milliards d'euros des dépenses de santé sont liées au traitement des troubles cardiaques et diabète de type 2.
Les causes majeures sont l'évolution des modes alimentaires, la sédentarité accrue et les prédispositions génétiques.
Sur le plan bio-psycho-social, l'obésité est souvent source de discrimination, notamment à l'embauche, et entraîne de fréquentes dépressions tant chez l'enfant que l'adulte.
En 2000, L'Etat lançait le Programme Nutrition Santé (P.N.N.S 1), pour réduire l'obésité en France à l'échéance 2005. Pourtant l'enquête ObEpi menée en 2006 a montré que ce fléau gagnait encore du terrain: près de 14 millions de personnes en surpoids et environ 6 millions d'obèses. Ainsi, un P.N.N.S 2 succède au premier.
Mais on ne peut s'en tenir à de simples recommandations visant à diminuer l'apport en graisses: l'idéal serait de mettre en oeuvre une approche systémique, pluridimensionnelle et tenter de réfléchir à des actions concrètes.

Vers L'Unité Pour la Santé

Il s'agit de mettre en équilibre quatre valeurs afin de répondre de manière optimale aux besoins de santé des individus et des populations:
  • La Qualité: réfère à l'offre et la gestion de soins et services de haut niveau scientifique. Dans le problème de l'obésité la prise en charge est bien souvent inadéquate du fait d'un matériel médical inadapté (tensiomètres, lits, brancards, scanners..). D'autre part rappelons que que l'obésité est souvent associée à d'autres pathologies et qu'un consultation standard ne peut répondre à une prise en charge globale.
  • L'Equité: doit assurer que chacun des membres d'une même communauté ait les mêmes opportunités d'amélioration de santé et de bien être. Le Docteur Lecerf de l'institut Pasteur de Lille le confirme si besoin était: l'obésité et le surpoids sont plus présents dans les tranches de population les plus défavorisées. Lorsque les revenus sont bas, la part du budget consacré à l'alimentation diminue. Les ménages se tournent vers des produits transformés: les plus caloriques et les moins chers. La paupérisation de notre société pourrait être un des facteurs de l'augmentation de l'obésité.
  • La Pertinence: il s'agit des services en santé proposés en fonction de l'épidémiologie ou d'autres critères tels que la vulnérabilité des personnes. Comme définit en préambule l'obésité représente un problème de santé publique majeur. L'étude ObEpi 2006 révèle que 24 millions de personnes souffriraient de problèmes de poids, soit 2,3 millions de plus qu'il y a 10 ans...
  • L'Efficience: cette valeur fait référence aux services qui utilisent de manière optimale les ressources disponibles. On peut ici parler de coût/efficacité. Les résultats français rapportent que le coût de l'obésité représente plus de 2% des dépenses de santé. Il s'agit d'un critère important dans l'élaboration de politique de santé. L'approche économique est un facteur essentiel pour le choix des modalités thérapeutiques et de prévention dans la prise en charge de l'obésité.
Le défi de de la stratégie de L'Unité vers la Santé repose sur le fait qu'elle appelle à une contribution active de l'ensemble des professionnels ou intervenants en santé. C'est ce que Charles Boelen appelle:"Le Pentagone du Partenariat". Ce pentagone représente les relations possibles entre les cinq groupes de partenaires"clef": les décideurs politiques, les gestionnaires de santé, les professions de santé, les communautés et les institutions académiques.

Après avoir brossé ce tableau général, je vous présenterai dans le prochain message, des possibilités de mise en route de cette stratégie de prise en charge de l'obésité.

mercredi 17 décembre 2008

DE LA LIBERTE DE BLOGUER.

Dans notre blog "Santé & Pédagogie" nous attachons également de l'importance aux faits de société desquels découlent les determinants en santé, une santé que nous appréhendons dans une perspective bio-psycho-sociale.
Réjouissons nous donc de pouvoir traiter les sujets qui nous intéressent, effectuer une saine lecture critique de certains faits, de projets de lois, sans que nos écrits soient censurés. Nous avons cette liberté de bloguer.

Pour certains lecteurs ces messages pouraient paraître éloignés de l'intitulé du blog, mais il semble important de souligner les évènements marquants de la réalité sociale dans laquelle nous évoluons, et qui a un impact sur notre santé. Cette santé globale définie dans la Charte d'Ottawa.

Je souhaite ici rendre hommage à Yoani Sanchez blogueuse dissidente cubaine. Y. Sanchez a été recompensée par le Prix du meilleur blog 2008 de la Deutsche Welle, le Prix Ortega y Grasset du journalisme en ligne. Elle est ainsi devenue l'égérie, heureusement médiatisée de par le monde, des dissidents cubains. Car à Cuba les blogs sont devenus le principal moyen d'expression contre le régime. Les hommes et les femmes y rendent compte de leur difficulté au quotidien, loin du petit monde parfois nombriliste des blogs (environ 8 millions sur le cyberspace!) ces blogs cubains donc ne se focalisent pas sur leurs auteurs; toutes les histoires personnelles sont au service d'une histoire plus générale.

Un parallèle serait prétentieux avec "Santé & Pédagogie", cependant, c'est bien à fin de contribuer au rayonnement de la démocratie sanitaire que ce blog a été pensé.
La démocratie est salutaire. La liberté d'expression également.

vendredi 12 décembre 2008

LE SILENCE DES ORGANES

Pour une pédagogie de la dépression

Maladie honteuse en pleine expansion, la dépression est un handicap social qu'il convient de masquer au possible. Les moyens ne manquent pas. Les débats sur la nocivité des antidépresseurs ne sont pas récents. Lancés sur le « marché » en 1957, ils ont suscité la polémique dès 1958, soupçonnés de précipiter des suicides qu'ils étaient censés endiguer. Les études sont nombreuses et divergeantes, comme souvent les intérêts publics et ceux de l'industrie, qu'il s'agisse d'antidépresseurs, de tabac, ou de téléphonie mobile. Sans vouloir entrer dans la polémique, il ressort que le financement d'une étude semble en déterminer les résultats. Ce qui est navrant, juste navrant.

La seule certitude concernant les antidépresseurs et leur possible impact sur les personnes à risque de suicide, c'est que l'âge est un déterminant. Les jeunes, les adolescents, constituant une population à risque plus élevée. Tous autres résultats restent contradictoires et sujets à caution [source].

Pour une pensée étendue

Comme souvent au cours de ce blog, nous tenterons d'avoir une vision élargie des problématiques, pour les inscrire dans la réalité, la vôtre, la nôtre, la réalité d'un monde en mutation accélérée. Ainsi aurons-nous souvent l'opportunité de poser des questions sans vouloir impérativement y répondre. Ainsi établirons-nous des parallèles.

Pour ce qui est de la question des antidépresseurs, il m'en vient justement un à l'esprit. Comment enseigner l'importance et l'utilité du système nerveux à, disons, des étudiants en médecine? Bien des professeurs introduisent leur cours par l'exemple de la douleur. Que se passerait-il si un patient ne ressentait pas la douleur? Ni chaud, ni froid, ni pincement ou coupures, que sais-je...?
Prenez-le temps d'y penser un instant avant de lire la suite.

Eh bien notre patient se détruirait, bien involontairement.
Il poserait la main sur une plaque de cuisson sans en ressentir la brûlure; il laisserait un objet contondant lui lacérer les chairs; il laisserait une infection croître en lui et le gangrener. Notre patient mourrait. Les informations douloureuses nous préservent de pires souffrances à venir.
Voilà la veritable utilité du Système Nerveux Central: nous protéger.

Par bonheur vous percevez l'information « chaleur » avant que la brûlure soit effective ou irréversible. Par bonheur vous retirez votre main à la moindre information « coupure ». Par bonheur, votre corps vous parle.

Par bonheur vous ressentez de l'angoisse quand...eh bien, quand vous êtres... angoissé? En d'autres termes, l'angoisse n'est, pardon, ne serait, qu'un signal d'alarme. Le signal d'un inconfort, d'une crainte plus globale, d'un mal peut-être longtemps latent et qui (re)surgit. Que risque le patient s'il laisse l'information « angoisse » grandir en lui?
S'il prend des anxiolytiques, il supprime l'information « angoisse », mais ne résout pas le mystère caché derrière ce signal d'alarme. Le patient risque de laisser le « mal caché » l'envahir plus encore, potentiellement le détruire. L'industrie pharmaceutique nous prévient d'ailleurs en termes presque poétiques, avec des expressions telles que "baisse de la vigilance" au nombre des effets secondaires.

Le même raisonnement pourrait et, à mon sens, devrait, être tenu pour les antidépresseurs. Avec des nuances. Se souvenir que les recherches en la matière visaient initialement à soulager des individus en état de souffrance intense, ayant des pensées voire des actes suicidaires, et faisant l'objet d'une hospitalisation. Une molécule forte, donc. Mais savoir surtout qu'aujourd'hui il est possible de s'en faire prescrire à la demande, donc souvent hors de propos, au risque de voiler une réalité qu'un bon dialogue pourrait faire émerger. Derrière le mal être, un message plus important. Voulons-nous prendre connaissance et conscience de ce message?

Historiquement, la santé c’est l’absence de maladie

Certains antidépresseurs agissent sur les neurones en inhibant la recapture de la sérotonine. Pour synthétiser de la sérotonine, nous avons besoin d’un acide aminé de l’alimentation, le tryptophane. Nos cellules nerveuses le transforment en sérotonine. Plus il y en a, plus les neurones produisent de sérotonine. Mais pour des raisons d’ordre génétique, ou parce que l’alimentation n’apporte pas toujours suffisamment de tryptophane, la synthèse de sérotonine peut être insuffisante. Ceci se traduit par de l’irritabilité voire de l’agressivité, des états de déprime, des difficultés à trouver le sommeil.

Revenons en arrière: Et si l'information "angoisse" ou "déprime" nous signalaient un simple déséquilibre alimentaire? Et si une alimentation plus régulée nous évitait les désagréments engendrés par la prise de médicaments agissant sur notre système nerveux? Citons seulement: de la somnolence et de la fatigue, des étourdissements, la vision floue, de la transpiration, une baisse ou une hausse de la tension artérielle, pour ne citer que ceux-ci. Ce genre de phénomène est bien connu des mathématiciens: explosion combinatoire.

Notre corps nous parle et son discours est parfois très simple, saurons-nous l'entendre?
Et les autres? Sauront-ils l'entendre? Car si les médicaments amènent à limiter la verbalisation des maux, qui pourra aider? Et si les symptômes se multiplient en réaction à un traitement, comment s'y retrouver? Qui pour seulement écouter et aider à exprimer une souffrance si le malade ne l'entend plus lui-même?
Le chirurgien René Leriche énonçait « La lutte contre la douleur est une usure... Consentir à la souffrance est une sorte de suicide lent... Et il n'y a qu'une douleur qu'il soit facile de supporter, c'est celle des autres. » Difficile de mieux dire.
Notre propos ici n'était pas de bannir l'usage des psychotropes et autres "tueurs de douleur", comme on dit en Anglais, mais d'amener le lecteur à aller au fond des choses, au-delà du symptôme, à s'inscrire dans un projet dont l'objet serait l'élucidation de sa souffrance.
Le même Dr Leriche déclarait dans une phrase devenue célèbre:
«La santé est la vie dans le silence des organes»


mercredi 10 décembre 2008

Le bonheur est tout près

Avant-propos

En 1929, le dramaturge Frigyes Karinthy émit l'hypothèse que deux personnes, quelles qu'elles fussent, ne seraient distantes que de six degrés de séparation. En d'autres termes, cinq autres personnes sur terre séparent ces deux parfaits étrangers. Tout cela bien avant l'avènement des réseaux sociaux numériques qui sont devenus notre quotidien. Des scientifiques travaillant chez Microsoft ont depuis validé la "théorie des six degrés".
Assez ironiquement, cette théorie fit son apparition lors de la Grande Dépression, consécutive de la crise financière de 1929 – on peut imaginer que les réactions en chaîne observées à l'époque aient joué un rôle dans la réflexion de l'auteur – et ressurgit à l'heure d'une crise financière peut-être plus grave encore .



Le bonheur est contagieux

Selon une étude longitudinale conduite sur 20 ans par deux chercheurs et publiée récemment, le bonheur serait contagieux. En effet, on a pu observer que celui-ci se répand jusqu'à 3 degrés de séparation au sein d'un réseau social. Le bonheur de l'un rayonne et touche ses proches.
Bien que la notion même de bonheur soit individuelle, on observe que l'individu « heureux » se trouve au centre de son réseau social.

En conclusion, le bonheur ne relève pas que de l'expérience ou de choix individuels, il est un déterminant environnemental. La couleur que vous donnez à votre vie dépend, aussi, de celle de votre liant social.

Les résultats de cette étude ouvrent des perspectives de réflexion abyssales.
A une époque où nos opportunités de connection aux autres n'ont jamais été si nombreuses, pour ne pas dire chronophages, comment un individu peut-il appréhender le bonheur et le distinguer d'états moindres? A la lumière de ces flux d'informations qui nous parviennent désormais en continu, quel positionnement critique adopter pour discriminer le bon du mauvais, le pertinent du futile, le bonheur de ce qui ne le sera pas? Car en plus du réseau social concret, nous sommes maintenant entrés dans l'ère du réseau virtuel, où tout un chacun se désincarne (réincarne?) pour se réinventer ou simplement étendre son nombre d'amis. Nous sommes assaillis de perceptions, et à quelle vitesse!

Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de la mort. Son mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne seraient pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une perspective et même une pédagogie de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne les lie pas au caractère accidentel de l'Histoire.

Le-bonheur-est-tout-près-de-vous


samedi 6 décembre 2008

La pédagogie contre le sentiment d'injustice

Président du Tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig nous donne son point de vue de professionnel sur la délinquance des mineurs.
La pédagogie contre l'injustice.



Entretien: 15 septembre 2008

jeudi 4 décembre 2008

“The foundation of all mental illness is an unwillingness to experience legitimate suffering.”

Traduisez cette phrase de Carl Jung par "L'origine de toute maladie mentale réside dans la non-volonté de ressentir une souffrance légitime".

On peut légitimement s'interroger sur cet arsenal législatif qui se prépare, pour prévenir? guérir? punir? les dérives vécues par nos enfants et nous-mêmes.

Ce n'est pas en évitant la souffrance qu'on la comprendra.

Un adolescent qui boit ou se montre violent exprime sa souffrance en même temps qu'il la vit. Entendons-la. Le sanctionner par la répression pourrait inciter les délinquants à utiliser d'autres moyens. Dès lors le gouvernement, en tout état de cause, anticipe et nous rappelle que, dès 12 ans, un délinquant pourra(it) faire l'objet d'un enfermement.

En rien nous n'avons entendu ni résolu sa souffrance.

vendredi 21 novembre 2008

Determinants de santé

Pourquoi sommes nous ou non en "bonne santé"?
Les recherches ont amené à constater que les facteurs macrosociaux ont une influence positive ou négative sur la santé: ces facteurs sont appelés déterminants de santé [1] [2]. Ce qui revient à penser que notre compréhension de la santé va au delà des décisions personnelles que prennent les individus.
Quels sont ces facteurs? nous pouvons citer:
L'environnement: social-familial-culturel
L'environnement professionnel et le revenu
Les facteurs psychosociaux.
Ne nous laissons pas influencer par la culture du risque, mais la connaissance de ces facteurs devrait inviter à la vigilance, particulièrement en des temps économiquement incertains.