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jeudi 19 février 2009

Inégalité en santé

Les questions de santé et d’accès aux soins ont longtemps été relativement absentes des préoccupations des travailleurs sociaux prenant en charge les personnes les plus en difficulté. Cette situation est liée à l’organisation excessivement cloisonnée des systèmes de prise en charge (sanitaire et sociale) mais aussi aux représentations des professionnels qui ne font pas toujours de la (bonne) santé un ingrédient à part entière de l’insertion sociale et professionnelle même s’ils admettent que la(mauvaise) santé peut être un obstacle essentiel à celle-ci. Il est vrai qu’il y avait d’autres urgences : alimentation, hébergement, réponse aux besoins de première nécessité…
La prise de conscience qu’il ne peut y avoir d’insertion durable sans que la santé soit prise en compte, est donc récente. Mais,cette prise en compte ne peut reposer sur les seuls spécialistes du soin. Elle suppose que les professionnels du social se préoccupent au quotidien de la santé des personnes en grande précarité, et pas seulement quand ils sont malades. Cela signifie qu’ils doivent conduire des actions de prévention et d’éducation à la santé mais aussi, sans attendre, aller au devant de ceux qui en ont le plus besoin et qui ne formulent aucune demande. Cela suppose aussi que les professionnels du soin se préoccupent des conditions de vie des personnes qu’ils soignent et n’attendent pas non plus la formulation de demandes improbables pour agir. Ce serait une forme de révolution de nos pratiques sociales et sanitaires.

C’est difficile parce que les personnes en situation de grande précarité ont plus de difficulté que les autres à accéder aux soins comme à tous les autres droits, pour des raisons qui ne tiennent pas exclusivement au système de soins, mais aussi à l’absence de prise en compte des inégalités culturelles

Par ailleurs le besoin de soins ne se confond pas avec la demande. Il ne suffit pas de répondre à la demande formulée. Beaucoup de pathologies évoluent de manière invisible ou à bas bruit. Elles n’émergent pas si les questions ne sont pas posées ou si elles sont posées trop tard pour être traitées dans des conditions satisfaisantes.

On ne peut donc fonder l’action publique exclusivement sur l’idée d’un meilleur accès aux soins, ou d’une évaluation des besoins fondée sur la demande, au risque de laisser sur le bord de la route toutes les personnes qui ne demandent rien. Il faut donc inventer des moyens de repérer et de faire émerger les problèmes, ce qui signifie accepter de poser des questions, et pas seulement de répondre aux questions posées, ce qui ne correspond en France ni à la culture des travailleurs sociaux ni à celle des médecins. L’expérience des retard des politiques de santé publique, au début de la pandémie de SIDA, devrait nous rappeler le danger qu’il y a à ne pas aller au devant des publics les plus en difficulté.

La correction des inégalités de santé ne peut résulter exclusivement d’une politique de santé publique même plus performante et mieux adaptée. Elle doit s’intégrer dans une politique plus large de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales.

Nous avions cru que la création de la CMU, en parachevant notre système de protection sociale,résoudrait pour l’essentiel les inégalités d’accès aux soins. Face à la persistance éclatante des inégalités de santé, le débat est resté limité au cercle étroit des spécialistes. Il n’y a pas eu de débat public, au-delà de la compassion intermittente et médiatisée, sur les moyens d’y remédier. C’est sans doute que les inégalités de santé qui concernent avant tout les enfants contredisent l’idée qui fait aujourd’hui curieusement consensus que chacun est maître de son destin. On retrouve en effet aussi bien dans le domaine de la santé que celui du social une survalorisation de la responsabilité individuelle qui conduit à distinguer les «mauvais pauvres» qui prendraient volontairement des risques dont ils feraient supporter la charge à la collectivité et les «bons pauvres» qui feraient les efforts que cette même collectivité attend d’eux. Or, une telle distinction ne correspond évidemment pas à la réalité des histoires de vie et des parcours difficiles et chaotiques des personnes.

En introduisant ce regard moralisant, on justifie la persistance d’inégalités dont le traitement devrait pourtant être une priorité de l’action publique.

Source: N. Maestracci, Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociales. FNARS.

mardi 10 février 2009

Sourde oreille

"Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit" (Gabriel Hannotaux)

Une manif. vient de passer en bas de chez moi. Je n'ai pas compris qui elle représentait, en revanche son objectif était clair: se faire entendre et faire du bruit. C'est réussi. Ce qui l'est moins, c'est que le message n'est pas passé. Pourquoi? Car les revendications étaient couvertes par le bruit des sifflets. Dommage, j'aurais peut-être adhéré. Mais personnellement, le bruit est l'une des agressions les plus...agressives. Le bruit est la première source de plaintes, et l'une des premières sources de conflits. Nous en arrivons au terme: pollution sonore.
Le seuil de tolérance est une notion personnelle (j'ai souvent eu envie d'étrangler mon voisin qui écoute de la musique que je n'aime pas à fond la caisse), mais également et surtout physiologique.
Le risque auditif n'est pas seulement présent dans la vie professionnelle. Le bruit peut également se révéler néfaste pendant les loisirs, et notamment en écoutant la musique à un niveau sonore élevé (coucou à mon voisin). Le risque est alors d'autant plus pernicieux qu'il est associé à une notion de plaisir.

Des chiffres?[1]
Chaque année en France on enregistre plus de 200.000 nouveaux cas d'acouphènes, dont 130.000 concernent des jeunes ayant subi un traumatisme sonore.
Il faut savoir que la surdité due au bruit est une surdité traumatique de perception, inopérable, et difficile à appareiller car l'oreille interne transmet au cerveau un message nerveux atténué et confus. Quant aux acouphènes, ces bruits et sifflements dans les oreilles, ils peuvent ne plus jamais s'arrêter et empoisonner la vie.
Le site pédagogique "Peace & Lobe" est particulièrement explicite et bien fait . Je vous invite à le découvrir.
A destination d'un public adolescent, son action est préventive, sans être dans le diktat.
Des conseils de base et de bon sens, des explications claires. Instructif. Pas seulement informatif.

Encore une fois, et pour les lecteurs fidèles, nous en revenons à la médecine préventive, credo de "Santé & Pédagogie". En effet, le dépistage restant mineur pendant l'enfance et l'adolescence, nous en revenons toujours au même point: des risques accrus d'invalidité. Et des dépenses accrues pour y faire face. D'autant que la prise en charge de l'appareillage est la plupart du temps ridicule.
Quittons nous sur quelques conseils:
  • Eviter les lieux, etablissements, groupes et activités à réputation sonore trop élevé.
  • Dans les concerts ou autres manifestations sonores, éloignez-vous des enceintes acoustiques.
  • Contrôlez le niveau sonore de votre baladeur, chaine Hi-Fi, ou auto-radio. On a souvent tendance à augmenter le volume progressivement jusqu'à atteindre des niveaux trop élevés, sans s'en apercevoir objectivement.
  • C'est pas glamour, mais: en boîte (le terme est vraiment approprié) portez des protecteurs en mousse une partie de la soirée.
  • Réduisez un peu votre temps d'écoute: pas plus de 20 h de baladeur.
  • Après une soirée en discothèque ou concert, mettez vos oreilles au repos pendant 12 à 24 heures.
A bon entendeur: Salut!

samedi 31 janvier 2009

ACTION!

Voici un témoignage récent, qui est bien inquiétant.
Ce n'est pas tant l'attitude de cette adolescente, que notre incapacité à mettre en oeuvre une promotion de la santé auprès des jeunes scolarisés qui m'interpelle en tant que professionnelle de santé.

Certains Comités d'Education à la santé et la Citoyenneté sont efficaces et actifs dans les collèges et lycées mais , et ce témoignage le prouve, les actions menées, par exemple sur la sexualité restent sans écho auprès des jeunes. La plupart du temps, le message véhiculé est basé sur la notion de risque, et c'est principalement cela que cherchent les jeunes: le goût du risque. Pour se mesurer, tester leur limites, ou justement prouver leur absence de limites. Nous savons bien que la transgression est l'une des caractéristiques de l'adolescence. Alors si nous poursuivons avec des messages alarmistes et diabolisant, nous sommes à peu près certains de tomber à côté de l'objectif d'éducation, de prévention, de responsabilisation.
Nos messages devraient être les médiateurs de notion de plaisir, d'estime de soi, faire appel à la capacité d'actions valorisantes (et valorisées) des jeunes.

De plus l'éducation par les pairs est une notion qui devrait tendre à se développer. Je n'y vois que des avantages.
Situation souvent moins moraliste... J'en ai fait l'expérience en tant qu'infirmière scolaire. La proposition était la suivante:
Les 3emes avaient pour responsabilité de transmettre aux 4emes les messages reçus l'année précédente sur la sexualité. Ce système s'est révélé efficace sur deux points au moins: responsabilisation, réactualisation des connaissances. Sans compter que le vocabulaire utilisé pour cette transmission de connaissances était plus adapté! Pour tester l'efficacité de cette démarche, un quizz était proposé aux élèves de 4e, évalué par leurs aînés.

Cette expérience pourrait être transposable à d'autres actions: la nutrition, l'alcool, la toxicomanie.
Car on le sait la priorité pour les adolescents n'est pas la santé, et les impliquer directement dans des actions de prévention, comme acteurs ne peut à mon sens que les motiver.

Par ailleurs les spots réalisés par l'INPES, tel celui présenté à la fin de ce message, diffusés à la télévision (qui n'est plus du tout le média favori des jeunes) ne pourraient-ils être rendus accessibles dans les collèges et lycées par des bornes interactives? Et enfin donner aux adolescents les moyens d'auto-évaluer leurs connaissances en santé, et leur accorder le droit à l'erreur.


vendredi 23 janvier 2009

NO COMMENTS


Finalement, si, j'ai un commentaire. Celui de C. Ferron, de l'Université d'Eté de Besançon:
BILLET
D’HUMEUR
"Le temps ne fait rien à l’affaire Les jeunes n’ont jamais eu particulièrement bonne presse, mais le discours actuel – médiatique, politique, institutionnel – dénote une détérioration préoccupante des représentations sociales de la santé des jeunes. En témoigne, par exemple, la mise en place des Comités locaux de prévention de la délinquance. Plus que jamais, les problèmes de santé des jeunes sont assimilés à des comportements déviants. Pourtant, nous savons depuis longtemps que ce que les professionnels de la santé des jeunes considèrent comme des problèmes représentent en réalité, pour ces jeunes, des modalités de réponses à des difficultés psychologiques ou sociales. Approcher ces modalités uniquement sous l’angle des problèmes qu’ils posent aux adultes, c’est méconnaître la valeur adaptative de ces comportements, c’est oublier que le jeu avec les risques, l’apprentissage de la vie par essais et erreurs, l’immédiateté, la provocation, sont constitutives de l’adolescence. Ce qui est particulièrement grave dans ces représentations péjoratives des jeunes, c’est qu’à force de répétitions, elles sont totalement intégrées. D’abord par les jeunes, qui en perdent toute estime d’euxmêmes, or on sait à quel point une faible estime de soi fait le lit des consommations consolatrices de toutes sortes ; c’est alors un véritable cercle vicieux qui se met en place. Mais ces représentations sont également assimilées par les adultes, et notamment par les décideurs et les financeurs, qui hésitent à soutenir des approches transversales centrées sur une conception positive et globale des jeunes et de leur santé. Sans faire d’angélisme ou nier que de vraies difficultés existent, ne pourrait-on pas considérer avec lucidité les énormes pressions dont les jeunes sont l’objet, en termes de réussite, voire de performance, de rationalité, de responsabilité, de projection dans l’avenir ? Est-il possible de nier les violences institutionnelles et sociales, parfois familiales, dont ils sont victimes bien avant d’en être coupables, et qui les constituent avant tout comme une population vulnérable en demande urgente d’aide et d’accompagnement ? C’est en agissant sur tous les fronts de la scolarité, de la formation professionnelle, de l’emploi, de l’intégration sociale et du logement, que l’on donnera aux jeunes des perspectives d’avenir les incitant à prendre soin d’eux-mêmes, au lieu d’entrer dans des spirales d’autodestruction. La reconstruction de lieux d’échange et donc de lien social, là où il s’est fragmenté et là où l’on stigmatise les jeunes les plus vulnérables, devrait être une priorité de la santé publique"
Christine Ferron

A bon entendeur...

dimanche 18 janvier 2009

Bouge de là!!!

Propos sur la sédentarité.

La sédentarité vient du latin "sedere" qui signifie être assis.
Cela ne correspond d'ailleurs pas à l'absence d'activité, mais à diverses occupations habituelles telles que : regarder la télévision, la lecture, l'utilisation d'un ordinateur, conduire une voiture etc...
Pourtant, l'activité physique répond à un besoin de notre organisme nécessaire à son bon fonctionnement et engendre un sentiment de bien être qui justifie le fameux "Mens sana in corpore sano".

Le mode de vie contemporain à fort développement technologique réduit considérablement l'effort physique dans la plupart de nos actes quotidiens, que ce soit dans nos activités professionnelles ou de loisirs. Outre le surpoids et ses conséquences, cela représente un véritable danger pour le système cardio-vasculaire. Le coeur est un muscle qui a besoin d'entrainement!

L'activité physique améliore la santé et le bien-être; réduit le stress; renforce le coeur et les poumons; augmente le niveau d'énergie; aide à atteindre et maintenir un poids santé; favorise une philosophie de vie positive.
Et pour moi, c'est bien là l'un des points les plus importants. Plutôt que de brandir le spectre de tous les risques encourus si nous n'adoptons pas une hygiène de vie spartiate, il s'agit de développer et redonner le goût de l'activité. De réveiller une vision positive, de liberté de choix qui elle-même engendre une estime de soi valorisante.
Loin de moi l'idée de prétendre que nous voyons les choses par le mauvais bout de la lorgnette, mais il est vrai que nous sombrons souvent dans les interdits ou le principe de précaution qui augmente la culpabilité de l'individu qui n'adopte pas l'attitude préconisée. Nous aboutissons à une gestion du risque plus honéreuse qu'une promotion pour la santé.
Par exemple, la mauvaise alimentation des jeunes n'est qu'une partie emergée de l'iceberg.
Il ne s'agit pas de savoir uniquement comment et ce que mangent les jeunes, mais comment ils vivent. La problématique est sociétale et doit donc recevoir une réponse globale. Et durable.
La encore les partenariats devraient trouver à se multiplier.

Initié par la Mutualité Française et L'union Nationale du Sport, une journée de lutte contre la sédentarité a eu lieu le 12 novembre dernier au Stade de France. Athlètes de haut niveau, possibilité de découvrir et pratiquer des sports, voilà qui peut concrètement générer une envie de poursuivre au delà d'une journée de démonstration.

Les associations sportives existent dans tous les établissements scolaires et sont peu coûteuses. A nous parents, éducateurs, enseignants, professionnels de santé d'encourager ces pratiques.
Rappelons qu'aujourd'hui, 13,5% des 11-15 ans suivent les recommandations de l'OMS, soit au minimum une heure par jour d'activité physique. En comparaison le temps moyen passé devant un écran est environ de cinq heures par jour...

En surfant, oui, oui, je confesse que moi aussi je suis derrière mon écran (mais je fais du vélo!) j'ai trouvé un site canadien bien intéressant: Bougex.com. leur slogan" Le remède des 7-77 ans pour prévenir le pourrissement des chaussures de sports, le manque de chlorophylle...et la solitude!".
L'esprit vehiculé par ce site est "SORTEZ DE CHEZ VOUS", et propose un calendrier d'activités variées autant dans le temps que l'espace. Il suffit de s'inscrire. Alors là: bravo la navigation sur le net! Media interessant, outil qui permet de faire de l'ordinateur un allié dans la lutte contre la sédentarité.
Pourquoi ne pas transposer cette initiative en France? même si la pratique de la raquette n'est pas notre sport national.
Outre le propos de la pratique sportive adaptée à chacun cette initiative est également propre à réchauffer un tissu social devenu bien frileux.
J'aimerais tant que l'on cesse de "lutter contre", mais que "l'on agisse pour".

Allez, demain je prends l'escalier. Car je n'ai pas d'ascenceur...

jeudi 15 janvier 2009

Les aidants naturels: acteurs de l'ombre

La contribution de l'aidant naturel au système de soins est désormais non négligeable, et deviendra de plus en plus importante dans les années à venir avec l'allongement de la durée de vie et "l'expansion" des maladies chroniques. Il semble que ce soit là un problème inéluctable de la santé dans les pays industrialisés, et implique un nouveau regard sur les proches comme partenaires de soins.
L'engorgement des institutions d'accueil, tout comme les questions relatives à la maîtrise des dépenses de santé inscrivent les proches et la famille dans un nouvel enjeux de santé publique.

Réfléchir, reconnaître, valoriser l'entourage jouant un rôle déterminant dans la prise en charge d'une personne malade mérite d'être reconnu dans notre système sanitaire et social.

LA PROXIMOLOGIE
:

Voici une nouvelle aire de recherche insufflée par un laboratoire, la proximologie se consacre à l'étude des relations entre le malade et ses proches. Cette approche pluridisciplinaire se situe au carrefour de la médecine, de la sociologie et de la psychologie, elle fait de la personne malade et de son entourage un objet central d'étude et de réflexion.

Alors, bien sûr nombreux sont là pour crier au scandale du fait qu'une sphère privée à but lucratif , en l'occurrence un laboratoire pharmaceutique, se penche et prenne fait et cause sur la question. Je ne suis pas scandalisée, loin de là. Si la société civile peut pallier des déficits institutionnels, prendre les choses en main et proposer des solutions concrètes, alors pourquoi pas. De même en est-il pour l'Education thérapeutique du patient. Les associations de patients concernées par ces maladies chroniques se sentent relayées, soutenues, encouragées.

Des chiffres?
On prévoit pour 2025 une population de 1,2 milliards de vieillards. Pourtant, dans le système de santé, l'apport de millions de soignants potentiels reste ignoré: les aidants naturels. Leur travail? s'occuper d'un malade à la maison. Physiquement, ils assurent les besoins primaires, hygiène, alimentation, mais également avec le développement des nouvelles technologies, ils accomplissent des tâches réservées autrefois aux professionnels de santé. Psychologiquement, lorsqu'un proche nécessite des soins lourds, sombre dans la démence ou la maladie mentale, la santé psychologique de l'entourage est mise à rude épreuve. Ainsi ils combattent la dépression, la violence, le découragement.
Les aidants ont besoin d'aide. Lorsqu'ils n'en peuvent plus et craquent, il en resulte donc un double coût financier. Et pourtant, les gouvernements peinent à prendre des mesures car les aidants naturels représentent une main d'oeuvre gratuite et de surcroît silencieuse.

Alors si des débats éthiques sont en cours pour ce qui concerne l'acceptation de la collaboration entre un laboratoire qui encourage, et récompense, et des institutions muettes, il n'y a pour moi pas conflit d'intérêts, ni compromission.
C'est trop vite oublier ces acteurs de l'ombre que sont les proches. C'est nier leur valeur, leur besoin de reconnaissance, d'information et d'entraide.
C'est leur refuser l'accès au répit, leur droit à une protection sociale, voire une validation d'acquis comme le propose "Parkaidants".
"Sans les aidants familiaux, le système de soins ne tiendrait pas le coup" souligne Patrick Bonduelle, responsable du service "santé et proximologie" chez Novartis.
En encourageant la solidarité familiale, on repousse la question de la prise en charge par la société.

dimanche 11 janvier 2009

La folie dans la cité

La santé mentale des clochards est un tabou. On estime pourtant que 30% au moins des sans-abri sont atteints de pathologies psychiatriques graves. Certains avancent même le chiffre de 80% de personnes présentant des troubles psychiques plus ou moins sérieux. Il ressort d’une enquête réalisée par le magazine en ligne marianne2.fr que les aménagements du système de santé ont progressivement amené à la disparition des moyens et des infrastructures nécessaires à prévenir et/ou répondre aux troubles mentaux des gens de la rue.
Des hommes et des femmes se retrouvent à la rue faute d’avoir pu être pris en charge à temps. Un paradoxe choquant mis en évidence par le reportage que nous fournirons en fin de post montre les conséquences de la mise en place de la Couverture Médicale Universelle qui a eu pour effet pervers (entre autres) la fermeture de centres d’accueil en apparence moins nécessaires. Le système a donc laissé ses "fous" dériver jusqu'à la rue.
Laissons maintenant la parole à ceux qui sont à la rue et à ceux qui sont allés rendre compte d'une réalité dégueulasse dans tous les sens du terme.

Echec de la psychiatrie française. Humanité claudicante.


Voici les liens vers les trois excellents articles du journal Marianne:
Enfermés dehors: 1/3 - 2/3 - 3/3.

dimanche 7 décembre 2008

Bourreaux des coeurs

Selon l'OMS les pathologies chroniques, comme les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux, seront responsables dans les vingt prochaines années d'un plus grand nombre de décès que les maladies infectieuses (VIH, tuberculose, paludisme, diarrhées, infections néo-natales...), et ce à l'echelle mondiale.


cliquer sur la photo pour l'agrandir

Face à ces pathologies chroniques, la prévention prend tout son sens afin de limiter les facteurs de risques, adapter une hygiène de vie et un comportement responsable.
Rappelons que le facteur de risque se définit comme une caractériqtique génétique ou environnementale (ce qui inclut le mode de vie) qui permet d'évaluer la probabilité d'un individu de développer telle ou telle maladie [source: Fédération Fançaise de Cardiologie (FFC)].

En ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, citons comme facteurs de risque: le tabagisme, l'hypertension artérielle, le diabète, l'excès de cholestérol, le surpoids ou l'obésité, la sédentarité. Si les facteurs de risque ne s'additionnent pas, ils se potentialisent, c'est à dire qu'ils s'aggravent l'un l'autre.

La Fédération Fançaise de Cardiologie propose sur son site une rubrique intitulée "Les gestes qui sauvent", dont voici un extrait:



La FFC estime que l'apprentissage de ces gestes au grand public serait à même de sauver entre 5000 et 10.000 personnes par an en France.

Sources OMS:

vendredi 5 décembre 2008

Dr Google

Google a réussi à détecter les premiers cas de grippe aux Etats Unis près de dix jours avant le CDC, l'organisme officiel de veille sanitaire américain. Les techniques de ce dernier nécessitent deux semaines pour la collecte et le traitement des informations lui arrivant des différents relais, alors que les algorythmes de Google peuvent le faire pratiquement en temps réel. Comment ont-ils fait? Simplement, en regroupant les données des recherches des utilisateurs telles que «maux de têtes» «symptômes grippaux» ou encore «douleurs musculaires». Chaque recherche peut être localisée géographiquement, et permettre ainsi à Google de dresser une cartographie de la propagation de l'épidémie au quotidien.

Souvenons-nous du mot d'ordre des deux étudiants fondateurs de Google «DON'T BE EVIL», «Ne faites pas de mal», qui dicta chaque étape du développement de cet outil devenu incontournable. Et en l'occurence ils font le bien. Ils ont devancé les structures sanitaires servant de sentinelles. Et c'est cela que nous devons retenir, à l'heure où l'internet est souvent dénoncé pour ses dérives, nous avons ici un exemple de ce que peut donner la quête d'informations des usagers de santé quand elle est bien traitée. Google est notre outil, et en retour il étudie l'usage que nous en faisons pour, aujourd'hui, s'ériger en rempart potentiel face à la maladie.

Dans une étude datant de 2006 [article en Anglais], les auteurs démontraient que les internautes - en l'occurrence des médecins - basant leur diagnostic avec l'assistance de Google atteignaient un taux de pertinance de 58% [source en français]. Et ce chiffre ira croissant avec le développement du moteur de recherches.

Google était déjà un instrument sans précédent dans l'histoire des idées.
Nous disposons maintenant d'un outil pédagogique au service de la santé. Non que cela puisse s'y substituer; restons dans une perspective de coopération. Mais songez à ce que représente une avance de 10 jours à l'échelle d'une épidémie grippale: des centaines de vie sauvées, voire plus encore. Je suis persuadée que l'avenir repose sur une collaboration saine et efficace entre des instruments tels que les Nouvelles Technologies d'Information (NTI) et nos organismes de Santé Publique.

mardi 2 décembre 2008

Grippe, il n'est pas trop tard!

L'Assurance Maladie renforce son incitation à la vaccination antigrippale

Chaque hiver, la grippe touche des millions de personnes en France. Chaque année, l'Assurance Maladie invite plus de neuf millions de personnes à se faire vacciner gratuitement, les personnes de plus de 65 ans ainsi que certains malades chroniques. L'année passée, 400 000 personnes supplémentaires se sont fait vacciner, ce qui a permis d'atteindre un taux de couverture de 59%. L'Assurance Maladie, estimant ce taux insuffisant, renforce son incitation à la vaccination antigrippale. Des courriers personnalisés vont être adressés à chacun des assurés concernés par la vaccination gratuite et l'Assurance Maladie organise un dispositif de communication réorienté. La procédure est simplifiée cette année pour les assurés ayant déjà reçu le vaccin l'an passé, ils peuvent se faire vacciner par une infirmière sans prescription médicale.

Pour plus d'informations AMELI vous est accessible.
Se protéger, s'est protéger les autres également.

dimanche 23 novembre 2008

En parler c'est induire?

Parler en famille.
Parlons,
dialoguons,
échangeons:
post court d'un dimanche en famille!

samedi 22 novembre 2008

IN VINO VERITAS

Entre 2002 et 2007, les hospitalisations des jeunes pour comas éthyliques ont augmenté de 50%. 57% des mineurs de 17 ans déclarent avoir déjà connu l'ivresse. Les ivresses répétées concernaient plus du quart (26%) des jeunes en 2005, contre 19% en 2003. Enfin, les hospitalisations pour ivresse aiguë ont augmenté de 50% entre 2004 et 2007 chez les 15-24 ans.

Le Ministre Roselyne Bachelot a décidé de faire de l'alcoolisation des jeunes la cible majeure du volet santé publique du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" [à l'origine essentiellement consacré à la réorganisation du système de santé], avec notamment l'interdiction totale de vente d'alcool aux mineurs. Des voix s'élèvent et dénoncent les peines encourues par les revendeurs, qui paraissent excessives pour être applicables. Le texte prévoit en effet que la vente à des mineurs sera "punie de 3.750 euros d'amende", et la récidive "d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende".

D'avance pardon pour l'avalanche de chiffres mais ils sont nécessaires pour poser les termes du problème.

  • La consommation d’alcool est en baisse depuis une quarantaine d’années en France, elle a été divisée par deux, passant de 26 litres d’alcool pur par individu de plus de 15 ans en 1960 à 12,9 litres en 2006 [source]. Cette baisse marquée de la consommation d’alcool est principalement imputable à la diminution des quantités de vin consommées . Néanmoins, du fait de l’augmentation des prix [source], le chiffre d’affaires de la filière alcool en France connaît une évolution favorable pour représenter 14,2 milliards d’euros en 2004, se décomposant en un chiffre d’affaires réalisé en France de 9,6 milliards et de 4,6 à l’exportation.

  • La filière alcool représentait près de 500 000 emplois en France en 2000, qu’ils soient directs ou indirects [source]. C’est aussi un secteur contribuant très fortement au solde du commerce extérieur: près du tiers du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger. La France se place ainsi dans les premières positions d’exportation de vin, de spiritueux et de bières. La filière alcool contribue aussi aux finances publiques. En 2003, les recettes fiscales hors TVA provenant de la filière étaient estimées à 2,8 milliards d’euros. 80 % de ces recettes provenaient des spiritueux, 10 % des bières et 4 % étaient issues de la taxation des vins, enfin 6 % de ces recettes étaient retirées de la taxation des produits intermédiaires et d’autres produits.

Nous pouvons saluer l'initiative (pas encore adoptée par les élus) de Mme Bachelot dans un pays de vignes et, insistons, premier producteur et consommateur mondial de vin. Est-il envisageable qu'un gouvernement aussi pragmatique (sic) que celui de Mr Sarkozy (qui n'a pas tous les vices puisqu'il ne boit pas) vote une loi qui risquerait d'impacter un pan entier d'une économie déjà fébrile?

Questions:
  1. L'augmentation de l'alcoolisation des jeunes est-elle seulement due à l'accès facile à l'alcool, qu'il conviendrait dès lors de limiter? En ce cas, pourquoi ne pas interdire la vente de pâtisseries aux mineurs souffrant d'obésité?
  2. N'y a-t-il pas un malaise plus profond qui les inciterait à s'enivrer, quand la consommation globale d'alcool est en chute depuis 40 ans? Comment expliquer qu'une génération aille à contre-courant d'une tendance de fond?
  3. N'y a-t-il pas lieu de s'interroger sur cette anomalie, d'en identifier les déterminants environnementaux, et de mettre en place une politique de sensibilisation et d'éducation appropriée et efficace?


mardi 18 novembre 2008

En écho à la journée mondiale du diabète

La journée mondiale du diabète a pour but de mieux faire connaître cette maladie dans le monde, son ampleur, mais aussi les moyens dont on dispose pour la prévenir. L'OMS estimait en 2005 à plus de 180 millions le nombre de diabétiques dans le monde. Si aucune mesure n'est prise, il est probable qu'il y en aura plus du double en 2030...
Si l'Education thérapeutique du patient (Etp) est l'un des facteurs clés pour la gestion de la maladie, elle l'est également pour l'acquisition d'aptitudes psychologiques réduisant l'impact de la maladie sur la qualité de vie. L'Etp doit également être considérée comme un facteur majeur de prévention.
  • soit primaire (éviter la survenue de la maladie chez les sujets à risques)
  • soit secondaire (éviter et limiter les complications)
  • soit tertiaire ( réparation et adaptation des handicaps)
Mais voyons plutôt cet extrait emprunté à "Fasopresse" qui nous parle de prévention primaire:

Petit précis de prévention du diabète

Une revue des dernières études scientifiques confirme qu’un ensemble de mesures simples permettent, dans la grande majorité des cas, d’éviter le diabète 2 :
. Perdre du poids : 5 à 10% de poids en moins peuvent suffire. La perte de poids est "le facteur-clé", soulignent les experts du Diabetes Prevention Program nord-américain.
. Faire un minimum d’exercice physique : une demi-heure de marche par jour. Mais la promenade indolente ne suffit pas, il faut marcher d’un bon pas. Et, contrairement à certains médicaments antidiabétiques, l’exercice physique n’entraîne pas... de prise de poids.
. Manger sainement : il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’adopter un quelconque régime mais de saines habitudes alimentaires. Eliminer ou diminuer fortement le sucre blanc, les farines et céréales raffinées (pain blanc, riz blanc, etc.), les tubercules à "haut index glycémique" (purée de pommes de terre, frites, etc.), les huiles industrielles et autres graisses hydrogénées, "trans" et surchauffées, la plupart des produits laitiers.

Augmenter fortement les aliments à "index glycémique bas", c’est-à-dire complets, tels que la nature les propose aux humains depuis des millénaires : légumes de toutes sortes, légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches, fèves...), céréales complètes (sans pesticides !), quelques fruits cueillis mûrs (sans pesticides !), noix et graines oléagineuses (ni grillées, ni salées !), un peu de poisson gras ou des oeufs ou des viandes plutôt maigres. Cette nutrition est riche en fibres, qui, en outre, "balaient" le cholestérol, en vitamines et minéraux protecteurs vasculaires et même de certains cancers.

. Apprendre à gérer le stress en excès.

Pour résumer : rester mince, actif et, si possible, calme!