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vendredi 6 février 2009

Comment la ville nuit-elle à notre cerveau?

Merci à la blogosphère, quand on y trouve des articles pareils.
Le développement durable est très "tendance" oui, mais pourquoi?
Justement parce que nous nous sentons menacés par la dégradation de notre environnement, dégradation à laquelle nous avons tous contribué. Là également la pédagogie a un rôle a jouer, pour que nos successeurs prennent conscience de la fragilité de l'environnement, lequel, rappelons-le est l'un des déterminants en santé.


Comment la ville nuit-elle à notre cerveau ?

La ville a toujours été le moteur de la vie intellectuelle, rappelle le journaliste spécialisé dans le domaine de la cognition, Jonah Lehrer, auteur de l'excellent "Proust was a neuroscientist" (Proust était un neuroscientifique) et du récent "How we decide" (Comment nous décidons) dans un article du Boston Globe. Reste que l'on sait encore mal comment elle agit sur notre cerveau.
Des chercheurs américains et australiens commencent à montrer que le simple fait de vivre dans un environnement urbain à des effets sur nos processus mentaux de base. Après avoir passé quelques minutes dans une rue bondée, le cerveau est moins en mesure d'organiser les informations qu'il reçoit dans la mémoire, explique le psychologue du Laboratoire de neuroscience cognitive de l'université du Michigan, Marc Berman.
A l'inverse, la nature serait un élément extrêmement bénéfique pour le cerveau : des études ont même démontré que des patients d'hôpital qui peuvent voir des arbres de leurs fenêtres se rétablissent plus rapidement que ceux qui en sont privés.
Alors que la majorité de la population réside dans les villes, les environnements de béton et d'automobiles auxquels nous sommes confrontés auraient des incidences sur notre santé mentale et physique, jusqu'à modifier la façon dont nous pensons. Les neuroscientifiques et les psychologues commencent à s'intéresser à l'aménagement urbain pour qu'il cause moins d'atteinte à notre cerveau. La plantation d'arbres en centre-ville ou la création de parcs urbains peuvent ainsi réduire de façon significative les effets négatifs de la vie urbaine. Quand on se promène en ville, notre cerveau, toujours à la recherche de menaces potentielles, doit gérer les multiples stimuli liés à la circulation et à la vie urbaine. La gestion de telles tâches mentales, apparemment anodines, a tendance à nous épuiser, car elle exploite l'un des principaux points faibles du cerveau : sa capacité de concentration. Une ville est si débordante de stimuli que nous devons constamment rediriger notre attention pour ne pas être distraits par des choses sans importance comme une enseigne clignotante ou des bribes de conversations. L'esprit est comme un puissant super-ordinateur, mais le fait de prêter attention consomme une grande partie de sa puissance de traitement.
La vie en milieu naturel en revanche ne nécessite pas la même quantité d'effort cognitif. En fait, les milieux naturels sont tout autant remplis d'objets qui capturent notre attention, mais qui ne déclenchent pas de réponse émotionnelle négative (contrairement à une voiture ou à une foule de piétons) ce qui fait que le mécanisme mental qui dirige l'attention peut se détendre en profondeur. Selon la dernière étude publiée par l'équipe de Marc Berman, deux groupes d'étudiants se sont promenés, les uns dans les rues animées les autres dans un parc et ont subis ensuite une série de tests psychologiques de mémoire et d'attention. Ceux qui s'étaient promenés en ville ont moins bien réussi les tests que ceux qui se sont promenés dans un parc.

LES STIMULI DE LA VILLE ÉPUISENT NOTRE CAPACITÉ À NOUS AUTO-CONTRÔLER

La densité de la vie en ville n'influe pas seulement sur notre capacité à nous concentrer. Elle interfère également avec notre capacité à nous auto-contrôler. Lors d'une promenade en ville, notre cerveau est également sollicité par de nombreuses tentations consuméristes. Y résister nous oblige à nous appuyer sur le cortex préfrontal, la même zone que celle qui est responsable de l'attention dirigée et qui nous sert à éviter le flot de circulation urbain. Epuisé par la difficulté à gérer notre déambulation urbaine, il est moins en mesure d'exercer ses capacités d'auto-contrôle et donc nous rend plus enclins à céder aux tentations que la ville nous propose. Je pense que les villes révèlent la fragilité de certaines de nos plus hautes fonctions mentales , explique Frances Kuo, directrice du Laboratoire du paysage et de la santé humaine à l'université de l'Illinois. Nous prenons ces talents pour acquis, mais ils ont vraiment besoin d'être protégés. Des recherches ont montré que l'augmentation de la charge cognitive liée à la vie urbaine rend les gens plus susceptibles de choisir un gâteau au chocolat au lieu d'une salade de fruits. La ville subvertit notre capacité à résister à la tentation consumériste, avancent même certains spécialistes.
La vie urbaine peut aussi conduire à la perte de contrôle de ses émotions. Kuo et ses collègues ont montré que la violence domestique était moins fréquente dans les appartements avec vue sur la nature que ceux qui n'ont vue que sur le béton. L'encombrement, les bruits imprévisibles ont aussi des effets sur l'augmentation des niveaux d'agressivité. Un cerveau fatigué par les stimuli de la ville est plus susceptible de s'emporter. Mais les pelouses ne suffisent pas à notre bien-être. Dans un article récent, Richard Fuller, un écologiste de l'Université du Queensland en Australie, a démontré que les bénéfices psychologiques d'un espace vert sont étroitement liés à la diversité de sa flore. Nous nous inquiétons beaucoup des effets de l'urbanisation sur les autres espèces , dit Fuller, mais nous sommes également touchés par elle.
Quand un parc est bien conçu, il peut améliorer le fonctionnement du cerveau en quelques minutes. Comme le démontre l'étude de Marc Berman, pour améliorer notre attention et notre mémoire, se promener dans un environnement naturel peut être plus efficace que le dopage. Compte tenu de la myriade de problèmes de santé mentale, qui sont exacerbés par la vie en ville, de l'incapacité de prêter attention au manque de maîtrise de soi, la question demeure : Pourquoi les villes continuent-elles de croître ? Et pourquoi, même à l'ère de l'électronique, est-ce qu'elles continuent d'être les sources de la vie intellectuelle, s'interroge Jonah Lehrer? C'est parce qu'elles ont aussi l'avantage de concentrer les interactions sociales qui sont une des sources de l'innovation et de la créativité, expliquent les scientifiques de l'Institut de Santa Fe, sur le modèle de la réflexion que menait récemment Pekka Himanen sur la glocalité des réseaux d'innovation.
Nous ne retournerons pas à la campagne demain, mais peut-être pouvons-nous apprendre à construire des villes qui soient moins agressives et plus respectueuses des limites cognitives de notre cerveau.

Article publié originellement sur Internetactu
Hubert Guillaud

samedi 31 janvier 2009

ACTION!

Voici un témoignage récent, qui est bien inquiétant.
Ce n'est pas tant l'attitude de cette adolescente, que notre incapacité à mettre en oeuvre une promotion de la santé auprès des jeunes scolarisés qui m'interpelle en tant que professionnelle de santé.

Certains Comités d'Education à la santé et la Citoyenneté sont efficaces et actifs dans les collèges et lycées mais , et ce témoignage le prouve, les actions menées, par exemple sur la sexualité restent sans écho auprès des jeunes. La plupart du temps, le message véhiculé est basé sur la notion de risque, et c'est principalement cela que cherchent les jeunes: le goût du risque. Pour se mesurer, tester leur limites, ou justement prouver leur absence de limites. Nous savons bien que la transgression est l'une des caractéristiques de l'adolescence. Alors si nous poursuivons avec des messages alarmistes et diabolisant, nous sommes à peu près certains de tomber à côté de l'objectif d'éducation, de prévention, de responsabilisation.
Nos messages devraient être les médiateurs de notion de plaisir, d'estime de soi, faire appel à la capacité d'actions valorisantes (et valorisées) des jeunes.

De plus l'éducation par les pairs est une notion qui devrait tendre à se développer. Je n'y vois que des avantages.
Situation souvent moins moraliste... J'en ai fait l'expérience en tant qu'infirmière scolaire. La proposition était la suivante:
Les 3emes avaient pour responsabilité de transmettre aux 4emes les messages reçus l'année précédente sur la sexualité. Ce système s'est révélé efficace sur deux points au moins: responsabilisation, réactualisation des connaissances. Sans compter que le vocabulaire utilisé pour cette transmission de connaissances était plus adapté! Pour tester l'efficacité de cette démarche, un quizz était proposé aux élèves de 4e, évalué par leurs aînés.

Cette expérience pourrait être transposable à d'autres actions: la nutrition, l'alcool, la toxicomanie.
Car on le sait la priorité pour les adolescents n'est pas la santé, et les impliquer directement dans des actions de prévention, comme acteurs ne peut à mon sens que les motiver.

Par ailleurs les spots réalisés par l'INPES, tel celui présenté à la fin de ce message, diffusés à la télévision (qui n'est plus du tout le média favori des jeunes) ne pourraient-ils être rendus accessibles dans les collèges et lycées par des bornes interactives? Et enfin donner aux adolescents les moyens d'auto-évaluer leurs connaissances en santé, et leur accorder le droit à l'erreur.


mercredi 28 janvier 2009

Une pédagogie de la maladie est-elle possible?

Emma Hauck "Letter to my husband" 1909


En 2008 la philosophe Claire Marin a publié un récit "Hors de moi" et un essai "Violence de la maladie violence de la vie", les deux ouvrages contribuent à la "Critique de la raison médicale" que George Canguilhem appelait de ses voeux en 1978 dans "Une pédagogie de la guerison est-elle possible?".
Ces œuvres ébauchent une précieuse pédagogie de la maladie dont l'enjeu est de compléter la science biomédicale par une connaissance approfondie de la maladie comme expérience subjecive. Claire Marin souligne qu'il nous est aujourd'hui difficile de reconnaître que comme la mort, la maladie fait partie de la vie. Elle nous alerte sur le fait qu'à la violence de la maladie peut s'ajouter une autre violence, celle du déni de la réalité même de la maladie.
Notre société nourrit un idéal de santé, de jeunesse et de performance. Elle se représente souvent la maladie comme un accident imprévisible et évitable, un accident passager, qui grâce aux prouesses de la médecine et la volonté conjointe des soignants et des soignés doit trouver son issue dans la guérison.
Cette idéalisation de la vie et et de la médecine, cette occultation de la maladie comme nécessite vitale et comme réalité vécue peuvent conduire à une certaine violence du soin; il est en effet possible de dispenser des soins tout en négligeant l'expérience propre de la personne soignée.
La philosophie rappelle pourtant la nécessité vitale de la maladie. Nourrie par les arts et la littérature, elle permet aussi de décrire dans ses multiples dimensions subjectives et sociales, l'expérience de la maladie.Celle-ci affecte l'identité corporelle, personnelle et sociale. Elle bouleverse la perception de soi, de la temporalité de l'existence, des relations aux autres et au monde.
Dans cette perspective, la philosophie peut participer à une pédagogie de la maladie dont l'enjeu serait de former les médecins et les soignants à reconnaître, comprendre et respecter la singularité de chaque patient.
Ainsi pourrait s'instaurer une relation véritable de soin qui briserait le tête-à-tête douloureux du malade et de sa maladie et qui aiderait ce dernier à donner du sens à sa maladie.
Il s'agit d'une éthique du soin.

Pour approfondir la question, visiter le centre Canguilhem, dont ce résumé est issu et le compte rendu de la conférence de C. Marin

samedi 24 janvier 2009

Consultation = prescription = médicament

Je suis allée à la pharmacie aujourd'hui et il y avait une cliente qui refusait catégoriquement qu'on lui donne un médicament générique. Soit.

La semaine dernière le Ministre de la Santé Roselyne Bachelot inaugurait une nouvelle usine pharmaceutique installée en Ile-de-France, spécialisée dans la production de génériques, et qui emploiera à terme 40 personnes.
Encore quelques chiffres: En 2000, les génériques représentaient 5% des boîtes de médicaments vendues. Aujourd'hui, nous en sommes à un peu plus de 20%.

Il y a un an le Président de la Mutualité Française, Jean-Pierre Davant, défendait ouvertement l'usage des génériques et prescrivait le passage "d’une économie de produits à une économie de services". A l'époque le débat était réactivé par les spécialistes (cardiologues, neurologues), ayant émis des doutes notamment sur les études de bioéquivalence des génériques et les modalités de leurs études.

Mais aujourd'hui je ne suis pas intéressée par les chiffres ou les multiples débats entourant la vente et/ou l'usage de génériques. Seule la notion de service évoquée par Jean-Pierre Davant m'intéresse.

Et si notre pharmacien devenait autre chose qu'une machine à nous vendre des médicaments, fussent-ils génériques? Et si nous devenions autre chose que des clients? Et si, en plus de promouvoir l'usage de médicaments meilleur marché, nous réfléchissions une bonne fois pour toutes à la possibilité que les pharmaciens nous fournissent juste le nombre de comprimés nécessaires au traitement. Nos tiroirs sont pleins de boîtes de médicaments incomplètes, et parfois à peine entamées. Les américains, qui n'ont pas tout faux et qui n'ont pas notre système de santé, ont pensé depuis longtemps à ne donner au patient que la dose nécessaire à son traitement. Nécessité fait loi.
Le pharmacien offrirait un service en donnant vendant un flacon nominatif contenant juste la quantité de comprimés requise, et en fournissant les explications d'usage.
Suis-je la seule à penser qu'il y aurait là de nouvelles sources d'économie?

mercredi 21 janvier 2009

Quand la pédagogie se met au service de la santé

Depuis quelques années, dans les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maitres) se mettent en place des modules visant à développer les compétences des futurs professeurs à l'éducation pour la santé, et la prévention des conduites addictives.
Ces missions d'éducation et de prévention sont constitutives de l'Ecole. Pour autant, si certains enseignants sont, au quotidien, pleinement acteurs d'éducation à la santé et de prévention, d'autres ne voient pas en quoi ils peuvent y contribuer. Ils évoquent comme résistance à cette application un manque de compétences pour mettre en place des projets à l'échelle de l'établissement ou de leur classe, et pour travailler en partenariat avec des professionnels extérieurs à l'école.
La formation des enseignants représente donc un enjeu déterminant.
Etroitement liées, santé et éducation constituent le socle sur lequel s'appuie une dynamique de réussite pour tous les élèves. Ainsi en matière de santé, l'Ecole se trouve être au centre d'enjeux importants qui vont nécessiter le développement de nouvelles compétences pour tous les professionnels de l'Education nationale, les milieux associatifs, mais également des élèves eux-mêmes.

Outre sa mission première de transmission de connaissances, l'Ecole est appelée à contribuer à l'éducation de citoyens notamment dans le domaine de la santé. Elle s'est ainsi engagée dans des actions d'éducations et de promotion de la santé visant l'acquisition de connaissances et le développement de compétences, parmi lesquelles la capacité à faire des choix eclairés, l'accroissement de l'autonomie des élèves dans la prise en charge de leur propre santé, leur aptitude à agir en tant que citoyens dans l'espace de santé publique.

Au sein de l'éducation nationale, on entend par partenariat la collaboration entre la communauté éducative et des intervenants extérieurs.
Cependant, je m'interroge, et ne suis pas la seule: ces partenariats sont certes nécessaires, mais le décloisonnement entre les disciplines enseignées ne serait-il pas propice au développement de compétences transversales favorisant une lecture globale, bio-ppsycho-sociale de la santé?
Ainsi, le rôle de la médecine scolaire se verrait renforcé et plus efficace, ne se limitant pas à ce que l'on nomme de façon un peu péjorative la "bobologie".

C'est un changement de paradigme auquel fait appel cette formation des maîtres, une dynamique collective de travail.

Il me semble plus que jamais , en ces temps économiquement difficiles nécessaire de mettre l'accent sur la promotion de la santé afin de ne pas se poser la même question qu'Antoine Flahaut: "Soigner les malades ou garder les gens en bonne santé?", car nous savons tous qu'un système de soins curatif coûte beaucoup plus cher à la société qu'un système préventif.

samedi 3 janvier 2009

Hystérie juvénile

Aux Etats Unis, comme chaque année à la même période, les magasins de jouets et de jeux vidéos souffrent d'une pénurie savamment entretenue par les fabricants. On assiste ainsi à de véritables courses aux jouets dans les magasins, avec des parents hantés par le spectre de la déception de leur(s) enfant(s).



Cette vidéo est une des plus dérangeantes que j'ai jamais vues. Ces enfants ne possèdent pas la WII, ils sont possédés par cette console. L'année prochaine, ce sera autre chose. Les marketeurs trouveront bien autre chose pour faire crever les mômes du manque et enterrer les parents sous une chappe de culpabilité par anticipation.
Cela me fait me souvenir de propos de Philippe Starck que je vais vous donner dans leur intégralité tant ils me semblent justes, plus que jamais.

"J'aime l'amour unique, j'aime la fidélité, et c'est difficile d'être fidèle, parce que, petit déjà, on est mal entraîné. Moi-même avec mes enfants, je perpétue ces défauts, ces mauvais fonctionnements. Parce que j'aime mes enfants, je leur offre un nounours. Je reviens d'un voyage, je leur offre un autre nounours. Après, c'est un anniversaire, vas-y pour un nouveau nounours! Si on trouve une peluche drôle, allez, une autre peluche. A chaque fois, l'enfant aime le nounours, la peluche, et, finalement, au lieu d'aimer un seul nounours, de se concentrer sur une seule peluche, ce qui le préparerait déjà à ce rapport fantastique de l'amour unique, eh bien, il est en train de consommer du nounours, de la peluche, comme il consommera plus tard les femmes ou les hommes. Et c'est dommage parce qu'on passe peut-être à côté de quelque chose qui est peu exploré. Si vous voulez rester toute votre vie avec votre femme ou avec votre mari, eh bien, il faut être riche de possibilités et ne pas être ennuyeux. D'où TEDDY BEAR, le nounours aux multiples têtes: une tête d'âne, une tête de chien, une tête de lapin, une tête de chameau, que sais-je! La même personne offrant de multiples facettes, on ne s'ennuie pas avec elle...on ne s'ennuie pas avec ce nounours."

lundi 22 décembre 2008

GENERATION e-MEDIATE

Dans le journal Le Monde daté du 20 décembre 2008, J.M. Dumay nous parle du malaise des jeunes:
"Le numérique fait naître une civilisation en rupture: horizontale, transverse, e-médiate. La génération qui manifeste est celle des digitales natives, nés avec un mobile sur l'oreille et une souris dans la main. La génération Messenger, qui se mobilise par Texto, anti jacobine par essence technologique, pour qui la télé, la radio, les journaux imprimés ne sont qu'arts mineurs. [...] les jeunes adultes cherchent moins la magistralité que le partage d'expériences."


N'y a-t-il pas un hiatus dans l'appréhension de la jeunesse, comblé par la cybernétique en réponse à une sorte de démission de la part de leurs ainés?
Démission certes involontaire, les adultes happés par leur quotidien difficile, les changements sociétaux, la crise mondiale, engendre une absence de dialogue entre générations. Les jeunes s'engouffrent dans ce qui les rapprochent tout en les éloignant: la toile, les mobiles, la vidéo.

Ils en viennent à oublier leur corps.

Mais dans le système de santé, où trouvent-ils leur place? Passée la phase de pédiatrie, ils n'ont recours à la médecine qu'en cas d'urgence. Et à l'image de la société consumériste dans laquelle ils évoluent, ils cherchent une réponse immédiate à leurs problèmes de santé, de quête d'identité, d'anxiété. S'ils ne la trouvent pas, ils zappent, et laissent se gangrener des situations difficiles en adoptant ce que l'on appelle des comportements à risque. Toxicomanies, déséquilibres alimentaires, violences.

Ces thèmes sont jugés prioritaires et sont au cœur des campagnes de communication et des actions de sensibilisation. Leur but: protéger, informer, responsabiliser des jeunes trop souvent immatures.
Comment innover?
Comment rendre les jeunes acteurs de leur santé?
Un exemple nous est offert avec "Clap Santé", festival du film amateur de prévention santé pour les 12-25 ans. Le choix de l'outil d'expression est le film vidéo. Ce festival a pour objectif de développer les compétences psycho sociales des jeunes en leur donnant l'opportunité d'exprimer leur représentations en santé, en prévention de la santé ou encore des problèmes ressentis. Cet espace d'expression peut-être un moyen valorisant pour les adolescents de développer la promotion notamment en milieu scolaire.
Et ouvrir leur quotidien.



vendredi 12 décembre 2008

LE SILENCE DES ORGANES

Pour une pédagogie de la dépression

Maladie honteuse en pleine expansion, la dépression est un handicap social qu'il convient de masquer au possible. Les moyens ne manquent pas. Les débats sur la nocivité des antidépresseurs ne sont pas récents. Lancés sur le « marché » en 1957, ils ont suscité la polémique dès 1958, soupçonnés de précipiter des suicides qu'ils étaient censés endiguer. Les études sont nombreuses et divergeantes, comme souvent les intérêts publics et ceux de l'industrie, qu'il s'agisse d'antidépresseurs, de tabac, ou de téléphonie mobile. Sans vouloir entrer dans la polémique, il ressort que le financement d'une étude semble en déterminer les résultats. Ce qui est navrant, juste navrant.

La seule certitude concernant les antidépresseurs et leur possible impact sur les personnes à risque de suicide, c'est que l'âge est un déterminant. Les jeunes, les adolescents, constituant une population à risque plus élevée. Tous autres résultats restent contradictoires et sujets à caution [source].

Pour une pensée étendue

Comme souvent au cours de ce blog, nous tenterons d'avoir une vision élargie des problématiques, pour les inscrire dans la réalité, la vôtre, la nôtre, la réalité d'un monde en mutation accélérée. Ainsi aurons-nous souvent l'opportunité de poser des questions sans vouloir impérativement y répondre. Ainsi établirons-nous des parallèles.

Pour ce qui est de la question des antidépresseurs, il m'en vient justement un à l'esprit. Comment enseigner l'importance et l'utilité du système nerveux à, disons, des étudiants en médecine? Bien des professeurs introduisent leur cours par l'exemple de la douleur. Que se passerait-il si un patient ne ressentait pas la douleur? Ni chaud, ni froid, ni pincement ou coupures, que sais-je...?
Prenez-le temps d'y penser un instant avant de lire la suite.

Eh bien notre patient se détruirait, bien involontairement.
Il poserait la main sur une plaque de cuisson sans en ressentir la brûlure; il laisserait un objet contondant lui lacérer les chairs; il laisserait une infection croître en lui et le gangrener. Notre patient mourrait. Les informations douloureuses nous préservent de pires souffrances à venir.
Voilà la veritable utilité du Système Nerveux Central: nous protéger.

Par bonheur vous percevez l'information « chaleur » avant que la brûlure soit effective ou irréversible. Par bonheur vous retirez votre main à la moindre information « coupure ». Par bonheur, votre corps vous parle.

Par bonheur vous ressentez de l'angoisse quand...eh bien, quand vous êtres... angoissé? En d'autres termes, l'angoisse n'est, pardon, ne serait, qu'un signal d'alarme. Le signal d'un inconfort, d'une crainte plus globale, d'un mal peut-être longtemps latent et qui (re)surgit. Que risque le patient s'il laisse l'information « angoisse » grandir en lui?
S'il prend des anxiolytiques, il supprime l'information « angoisse », mais ne résout pas le mystère caché derrière ce signal d'alarme. Le patient risque de laisser le « mal caché » l'envahir plus encore, potentiellement le détruire. L'industrie pharmaceutique nous prévient d'ailleurs en termes presque poétiques, avec des expressions telles que "baisse de la vigilance" au nombre des effets secondaires.

Le même raisonnement pourrait et, à mon sens, devrait, être tenu pour les antidépresseurs. Avec des nuances. Se souvenir que les recherches en la matière visaient initialement à soulager des individus en état de souffrance intense, ayant des pensées voire des actes suicidaires, et faisant l'objet d'une hospitalisation. Une molécule forte, donc. Mais savoir surtout qu'aujourd'hui il est possible de s'en faire prescrire à la demande, donc souvent hors de propos, au risque de voiler une réalité qu'un bon dialogue pourrait faire émerger. Derrière le mal être, un message plus important. Voulons-nous prendre connaissance et conscience de ce message?

Historiquement, la santé c’est l’absence de maladie

Certains antidépresseurs agissent sur les neurones en inhibant la recapture de la sérotonine. Pour synthétiser de la sérotonine, nous avons besoin d’un acide aminé de l’alimentation, le tryptophane. Nos cellules nerveuses le transforment en sérotonine. Plus il y en a, plus les neurones produisent de sérotonine. Mais pour des raisons d’ordre génétique, ou parce que l’alimentation n’apporte pas toujours suffisamment de tryptophane, la synthèse de sérotonine peut être insuffisante. Ceci se traduit par de l’irritabilité voire de l’agressivité, des états de déprime, des difficultés à trouver le sommeil.

Revenons en arrière: Et si l'information "angoisse" ou "déprime" nous signalaient un simple déséquilibre alimentaire? Et si une alimentation plus régulée nous évitait les désagréments engendrés par la prise de médicaments agissant sur notre système nerveux? Citons seulement: de la somnolence et de la fatigue, des étourdissements, la vision floue, de la transpiration, une baisse ou une hausse de la tension artérielle, pour ne citer que ceux-ci. Ce genre de phénomène est bien connu des mathématiciens: explosion combinatoire.

Notre corps nous parle et son discours est parfois très simple, saurons-nous l'entendre?
Et les autres? Sauront-ils l'entendre? Car si les médicaments amènent à limiter la verbalisation des maux, qui pourra aider? Et si les symptômes se multiplient en réaction à un traitement, comment s'y retrouver? Qui pour seulement écouter et aider à exprimer une souffrance si le malade ne l'entend plus lui-même?
Le chirurgien René Leriche énonçait « La lutte contre la douleur est une usure... Consentir à la souffrance est une sorte de suicide lent... Et il n'y a qu'une douleur qu'il soit facile de supporter, c'est celle des autres. » Difficile de mieux dire.
Notre propos ici n'était pas de bannir l'usage des psychotropes et autres "tueurs de douleur", comme on dit en Anglais, mais d'amener le lecteur à aller au fond des choses, au-delà du symptôme, à s'inscrire dans un projet dont l'objet serait l'élucidation de sa souffrance.
Le même Dr Leriche déclarait dans une phrase devenue célèbre:
«La santé est la vie dans le silence des organes»


jeudi 11 décembre 2008

Une révolution silencieuse qui commence à faire du bruit: L'Education Thérapeutique du Patient

"Apprendre à apprendre"

"Il y a des révolutions qui se produisent à bas bruit, sans clairon, presque dans l'indifférence. Dans les services de diabetologie par exemple, on supprime des lits pour installer des salles de classe. En pneumologie s'ouvrent des écoles de l'asthme. Dans les services de maladies chroniques, certains médecins troquent le sthétoscope pour le tableau noir. Bref, l'école s'invite à l'hopital. Après avoir été longtemps ignorée, sinon méprisée, l'éducation thérapeutique du patient (ETP), susciterait même des convoitises. Comment en est-on arrivé là? Dans le champ sanitaire, l'ETP occuppe desormais une place stratégique.
Au carrefour de la prévention, de la santé publique et du soin, la reconnaissance de l'ETP par les pouvoirs publics s'est imposée. L'ETP participe dans le même temps au mouvement irresistible de l'implication du patient dans le système de soins. Tendance lourde, le patient a des droits (6 ans déjà!). Il demande aussi à être compétent dans le suivi de son traitement.
Enfin, l'environnement économique, démographique, incite à l'optimisation de la prise en charge. L'ETP s'inscrit dans l'Evidence Based Medicine.
Bref, le mouvement est lancé. Il ne s'arrêtera pas. Le moment est venu pour les professionnels de santé de se former, d'apprendre à apprendre. La nouvelle classification des actes médicaux devrait traduire cettte réalité".

Dr Gilles Noussenbaum [source]

Afin d'enrichir le propos du Dr G. Noussenbaum, il semble nécessaire de préciser que l' Education Thérapeutique du Patient s'exerce en équipe pluridisciplinaire, voire multi disciplinaire. Ainsi, tous les professionnels de santé appelés à mettre en oeuvre l'ETP doivent être formés. C'est la condition sine qua none pour garantir des soins de qualité. Cette necessité a été soulignée lors du colloque de Juin 2008 sur les perspectives de developpement de l'ETP. De même nous trouvons ce désir d'une structuration de qualité, exprimée dans le rapport "Pour une politique nationale d'éducation thérapeutique du patient".

Certes, le patient afin de vivre au mieux sa maladie chronique a besoin d'acquérir des compétences, mais les soignants eux-mêmes doivent acquérir des savoir-faire issus des sciences humaines (communication, psychologie, pédagogie) en sus de leurs savoir-faire médicaux afin d'assurer un rôle pédagogique de qualité dans la prise en charge des maladies au long cours.

mercredi 10 décembre 2008

Le bonheur est tout près

Avant-propos

En 1929, le dramaturge Frigyes Karinthy émit l'hypothèse que deux personnes, quelles qu'elles fussent, ne seraient distantes que de six degrés de séparation. En d'autres termes, cinq autres personnes sur terre séparent ces deux parfaits étrangers. Tout cela bien avant l'avènement des réseaux sociaux numériques qui sont devenus notre quotidien. Des scientifiques travaillant chez Microsoft ont depuis validé la "théorie des six degrés".
Assez ironiquement, cette théorie fit son apparition lors de la Grande Dépression, consécutive de la crise financière de 1929 – on peut imaginer que les réactions en chaîne observées à l'époque aient joué un rôle dans la réflexion de l'auteur – et ressurgit à l'heure d'une crise financière peut-être plus grave encore .



Le bonheur est contagieux

Selon une étude longitudinale conduite sur 20 ans par deux chercheurs et publiée récemment, le bonheur serait contagieux. En effet, on a pu observer que celui-ci se répand jusqu'à 3 degrés de séparation au sein d'un réseau social. Le bonheur de l'un rayonne et touche ses proches.
Bien que la notion même de bonheur soit individuelle, on observe que l'individu « heureux » se trouve au centre de son réseau social.

En conclusion, le bonheur ne relève pas que de l'expérience ou de choix individuels, il est un déterminant environnemental. La couleur que vous donnez à votre vie dépend, aussi, de celle de votre liant social.

Les résultats de cette étude ouvrent des perspectives de réflexion abyssales.
A une époque où nos opportunités de connection aux autres n'ont jamais été si nombreuses, pour ne pas dire chronophages, comment un individu peut-il appréhender le bonheur et le distinguer d'états moindres? A la lumière de ces flux d'informations qui nous parviennent désormais en continu, quel positionnement critique adopter pour discriminer le bon du mauvais, le pertinent du futile, le bonheur de ce qui ne le sera pas? Car en plus du réseau social concret, nous sommes maintenant entrés dans l'ère du réseau virtuel, où tout un chacun se désincarne (réincarne?) pour se réinventer ou simplement étendre son nombre d'amis. Nous sommes assaillis de perceptions, et à quelle vitesse!

Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de la mort. Son mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne seraient pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une perspective et même une pédagogie de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne les lie pas au caractère accidentel de l'Histoire.

Le-bonheur-est-tout-près-de-vous


samedi 6 décembre 2008

La pédagogie contre le sentiment d'injustice

Président du Tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig nous donne son point de vue de professionnel sur la délinquance des mineurs.
La pédagogie contre l'injustice.



Entretien: 15 septembre 2008

vendredi 5 décembre 2008

Dr Google

Google a réussi à détecter les premiers cas de grippe aux Etats Unis près de dix jours avant le CDC, l'organisme officiel de veille sanitaire américain. Les techniques de ce dernier nécessitent deux semaines pour la collecte et le traitement des informations lui arrivant des différents relais, alors que les algorythmes de Google peuvent le faire pratiquement en temps réel. Comment ont-ils fait? Simplement, en regroupant les données des recherches des utilisateurs telles que «maux de têtes» «symptômes grippaux» ou encore «douleurs musculaires». Chaque recherche peut être localisée géographiquement, et permettre ainsi à Google de dresser une cartographie de la propagation de l'épidémie au quotidien.

Souvenons-nous du mot d'ordre des deux étudiants fondateurs de Google «DON'T BE EVIL», «Ne faites pas de mal», qui dicta chaque étape du développement de cet outil devenu incontournable. Et en l'occurence ils font le bien. Ils ont devancé les structures sanitaires servant de sentinelles. Et c'est cela que nous devons retenir, à l'heure où l'internet est souvent dénoncé pour ses dérives, nous avons ici un exemple de ce que peut donner la quête d'informations des usagers de santé quand elle est bien traitée. Google est notre outil, et en retour il étudie l'usage que nous en faisons pour, aujourd'hui, s'ériger en rempart potentiel face à la maladie.

Dans une étude datant de 2006 [article en Anglais], les auteurs démontraient que les internautes - en l'occurrence des médecins - basant leur diagnostic avec l'assistance de Google atteignaient un taux de pertinance de 58% [source en français]. Et ce chiffre ira croissant avec le développement du moteur de recherches.

Google était déjà un instrument sans précédent dans l'histoire des idées.
Nous disposons maintenant d'un outil pédagogique au service de la santé. Non que cela puisse s'y substituer; restons dans une perspective de coopération. Mais songez à ce que représente une avance de 10 jours à l'échelle d'une épidémie grippale: des centaines de vie sauvées, voire plus encore. Je suis persuadée que l'avenir repose sur une collaboration saine et efficace entre des instruments tels que les Nouvelles Technologies d'Information (NTI) et nos organismes de Santé Publique.

vendredi 28 novembre 2008

Pour une pédagogie de l'empathie

Les jeunes délinquants pourraient aller en prison dès l'âge de 12 ans. C'est en effet ce qui ressortirait du rapport parlementaire commandé par Mme le Ministre Rachida Dati sur la réforme de la justice des mineurs. Laissons les informations nous parvenir avant de prendre position. Mais prenons d'ores et déjà le temps de lire et d'entendre ce qu'en pense Boris Cyrulnik.


mardi 25 novembre 2008

Encourager et nourrir l'esprit critique

L'accès à l'information est aujourd'hui largement facilité par les Nouvelles Technologies informatiques (NTI). L'information par internet est pléthorique et peut devenir chronophage si le sujet de recherche n'est pas ciblé. L'UNESCO propose de développer "Information Literacy", notion qui recouvre l'apprendre à apprendre, réelle compétence à chercher, évaluer et utiliser l'information.
L'éducation liée à la recherche documentaire revêt dorénavant une conception multiforme liée à la diversité des médias.
Aussi peut-on s'interroger:
Comment nourrir et développer l'esprit critique des adolescents face à l'avalanche d'informations qu'ils reçoivent, lorsque, par exemple, ils sont en quête de données simples et pertinentes sur leur sexualité, la consommation de produits psychotropes, la violence?
Les médias, c'est indéniable, ont une influence sur les normes sociales et les comportements en santé.
En tant que professionnels de santé, enseignants, éducateurs, il nous incombe de participer à générer, nourrir cette capacité d'esprit critique chez les adolescents, en les amenant à élaborer un processus de réflexion personnelle, seule à même de leur fournir les outils et la capacité de discrimination des informations à venir.
Quelque soit leur questionnement, avant d'y répondre (si nous avons la réponse!) leur renvoyer en miroir: et toi, que dirais-tu, qu'en penses-tu?
Il s'agit également de développer l'estime de soi, la capacité à dire non, ou oui.

samedi 22 novembre 2008

IN VINO VERITAS

Entre 2002 et 2007, les hospitalisations des jeunes pour comas éthyliques ont augmenté de 50%. 57% des mineurs de 17 ans déclarent avoir déjà connu l'ivresse. Les ivresses répétées concernaient plus du quart (26%) des jeunes en 2005, contre 19% en 2003. Enfin, les hospitalisations pour ivresse aiguë ont augmenté de 50% entre 2004 et 2007 chez les 15-24 ans.

Le Ministre Roselyne Bachelot a décidé de faire de l'alcoolisation des jeunes la cible majeure du volet santé publique du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" [à l'origine essentiellement consacré à la réorganisation du système de santé], avec notamment l'interdiction totale de vente d'alcool aux mineurs. Des voix s'élèvent et dénoncent les peines encourues par les revendeurs, qui paraissent excessives pour être applicables. Le texte prévoit en effet que la vente à des mineurs sera "punie de 3.750 euros d'amende", et la récidive "d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende".

D'avance pardon pour l'avalanche de chiffres mais ils sont nécessaires pour poser les termes du problème.

  • La consommation d’alcool est en baisse depuis une quarantaine d’années en France, elle a été divisée par deux, passant de 26 litres d’alcool pur par individu de plus de 15 ans en 1960 à 12,9 litres en 2006 [source]. Cette baisse marquée de la consommation d’alcool est principalement imputable à la diminution des quantités de vin consommées . Néanmoins, du fait de l’augmentation des prix [source], le chiffre d’affaires de la filière alcool en France connaît une évolution favorable pour représenter 14,2 milliards d’euros en 2004, se décomposant en un chiffre d’affaires réalisé en France de 9,6 milliards et de 4,6 à l’exportation.

  • La filière alcool représentait près de 500 000 emplois en France en 2000, qu’ils soient directs ou indirects [source]. C’est aussi un secteur contribuant très fortement au solde du commerce extérieur: près du tiers du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger. La France se place ainsi dans les premières positions d’exportation de vin, de spiritueux et de bières. La filière alcool contribue aussi aux finances publiques. En 2003, les recettes fiscales hors TVA provenant de la filière étaient estimées à 2,8 milliards d’euros. 80 % de ces recettes provenaient des spiritueux, 10 % des bières et 4 % étaient issues de la taxation des vins, enfin 6 % de ces recettes étaient retirées de la taxation des produits intermédiaires et d’autres produits.

Nous pouvons saluer l'initiative (pas encore adoptée par les élus) de Mme Bachelot dans un pays de vignes et, insistons, premier producteur et consommateur mondial de vin. Est-il envisageable qu'un gouvernement aussi pragmatique (sic) que celui de Mr Sarkozy (qui n'a pas tous les vices puisqu'il ne boit pas) vote une loi qui risquerait d'impacter un pan entier d'une économie déjà fébrile?

Questions:
  1. L'augmentation de l'alcoolisation des jeunes est-elle seulement due à l'accès facile à l'alcool, qu'il conviendrait dès lors de limiter? En ce cas, pourquoi ne pas interdire la vente de pâtisseries aux mineurs souffrant d'obésité?
  2. N'y a-t-il pas un malaise plus profond qui les inciterait à s'enivrer, quand la consommation globale d'alcool est en chute depuis 40 ans? Comment expliquer qu'une génération aille à contre-courant d'une tendance de fond?
  3. N'y a-t-il pas lieu de s'interroger sur cette anomalie, d'en identifier les déterminants environnementaux, et de mettre en place une politique de sensibilisation et d'éducation appropriée et efficace?


lundi 10 novembre 2008

Bienvenue

Le terme de pédagogie est dérivé du grec, "conduire, mener, accompagner, élever". On distingue de nombreux courants, tels que la pédagogie active, la pédagogie par projet.
Associée à la santé, la pédagogie a tendance à s'appuyer sur les théories socioconstructivistes et le concept d'apprentissage par problèmes.
La pédagogie de la santé trouve sa place dans l'Education pour la Santé ainsi que dans l'Education Thérapeutique du patient.
Dès lors le pédagogue en santé se définit comme un médiateur aidant les personnes malades ou non, à être les acteurs de leur propre santé en résonnance avec la politique de santé publique de la communauté à laquelle ils appartiennent.